Metalkol a achevé aux Pays-Bas l’acceptation technique d’une nouvelle drague Damen CSD500 destinée à ses opérations minières en RDC. Le modèle standard peut déplacer jusqu’à 4 000 m³ de matériaux par heure, tandis que l’unité commandée par l’entreprise a été adaptée pour travailler jusqu’à 16 mètres de profondeur.
La nouvelle drague de Metalkol se prépare à quitter les Pays-Bas après une série d’inspections et d’essais techniques réalisés dans les installations de Damen Dredging. Le constructeur néerlandais a confirmé le 11 août 2026 que la Cutter Suction Dredger CSD500 avait obtenu son acceptation technique et serait désormais démontée en modules avant son transport vers la République démocratique du Congo. Cette architecture modulaire doit permettre son acheminement par route et par voie d’eau, puis son assemblage directement sur le site minier.
L’investissement ajoute un équipement de forte capacité au dispositif technique de Metalkol. Dans sa configuration standard, la CSD500 affiche une capacité nominale de dragage allant jusqu’à 4 000 m³ par heure, une puissance installée de 954 kW et une conduite de refoulement de 500 millimètres. Le modèle de base travaille jusqu’à 14 mètres de profondeur. Pour Metalkol, Damen a étendu cette capacité à 16 mètres et ajouté notamment des bras d’ancrage, un ponton avec chariot de pieux permettant d’augmenter la largeur de balayage ainsi que des instruments spécifiques de suivi du dragage.
La formation accompagne la montée en capacité technique
L’acceptation du matériel s’est accompagnée d’un programme de formation des équipes de Metalkol aux Pays-Bas. Selon l’entreprise, les employés ont travaillé sur les inspections techniques, le contrôle qualité des composants sensibles, la mesure des vibrations, le suivi des équipements et les systèmes de gestion de la maintenance. Les sessions ont également couvert les pompes submersibles DOP, les solutions de navires de soutien Multi Cat et plusieurs configurations susceptibles d’être utilisées autour de la drague.
Une partie de cette préparation s’est déroulée sur le simulateur CSD de Damen. Ce système reproduit les commandes et le comportement opérationnel d’une drague réelle. Les opérateurs peuvent notamment y apprendre à régler la vitesse du cutter, la pompe de dragage, le déplacement de l’équipement et le repositionnement des pieux, tout en s’entraînant à réagir à des incidents sans immobiliser un matériel en production. Damen explique que l’objectif de ce type de simulation est de réduire les erreurs de démarrage, les temps d’arrêt, l’usure et la consommation inutile de carburant.
Pour Metalkol, cette dimension technique n’est pas secondaire. L’entreprise exploite à Kolwezi un procédé reposant sur le retraitement d’anciens résidus miniers contenant du cuivre et du cobalt. ERG, son actionnaire majoritaire, indique que les résidus situés notamment dans la vallée de la rivière Musonoi sont récupérés par dragage et hydro-déblayage avant leur traitement métallurgique. Le site affiche une capacité nominale d’environ 100 000 tonnes de cathodes de cuivre et 23 000 tonnes de cobalt contenu dans l’hydroxyde par an. Metalkol est détenue à 90 % par ERG et à 10 % par l’État congolais.
La drague doit donc intervenir dans une chaîne industrielle où la disponibilité des équipements conditionne directement l’alimentation de l’usine en résidus à retraiter. Damen précise d’ailleurs que Metalkol recherchait une machine adaptée à un site éloigné et capable de maintenir un niveau élevé de disponibilité opérationnelle.
Le transfert de compétences répond parallèlement à une politique plus large de localisation des savoir-faire. Metalkol déclarait compter 1 585 employés en 2025, dont 96 % de ressortissants congolais, hors sous-traitants, et présente la formation technique comme l’un des instruments de développement de ses équipes locales.
Après l’acceptation technique, le prochain indicateur sera désormais opérationnel. Il faudra suivre l’arrivée de la CSD500 en RDC, son assemblage, sa mise en service et surtout sa contribution effective au volume de résidus récupérés et à la disponibilité de l’installation de traitement.
Peter MOYI









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