À la demande du ministre des Finances, la Banque mondiale a supprimé 100 millions de dollars du prêt destiné à l’eau et à l’électricité urbaines en RDC. Le projet AGREE passe de 600 à 500 millions de dollars. Quatre ans et demi après son approbation, il n’a encore fourni de nouveau service d’électricité à personne.
La Banque mondiale a annulé 100 millions de dollars sur le crédit du Projet d’accès, de gouvernance et de réforme des secteurs de l’électricité et de l’eau (AGREE), à la demande de la République démocratique du Congo. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a adressé la requête le 16 avril 2026 et l’annulation est entrée en vigueur le 21 avril, selon une lettre d’amendement de la Banque mondiale citée par Bankable. Le crédit de l’Association internationale de développement (IDA) passe de 300 à 200 millions de dollars. Le don de 300 millions reste inchangé.
Le choix de la tranche annulée a son importance. La RDC renonce à la part remboursable du financement et conserve la part gratuite. Elle réduit donc sa future dette envers l’IDA sans perdre de subvention. L’annulation découle d’une restructuration engagée après la revue à mi-parcours de février 2026. L’objectif est de concentrer l’argent sur les activités encore réalisables avant la clôture du projet, prévue le 30 septembre 2029.
Gbadolite, l’Est et les mini-réseaux sortent du projet
Les investissements supprimés n’avaient pas commencé. La rénovation de la centrale hydroélectrique de Mobayi et l’extension des réseaux associés sont abandonnées, à cause des difficultés de transport d’équipements lourds vers cette région éloignée et du temps restant. Gbadolite garde des travaux sur le réseau de la Société nationale d’électricité (SNEL), avec un objectif de 10 000 nouveaux raccordements d’ici fin 2027. Dans l’Est, l’insécurité liée au conflit avec l’AFC/M23 a conduit à retirer ou à suspendre des activités d’eau à Goma, Bukavu, Beni et Butembo. Le programme de mini-réseaux est abandonné à Mbuji-Mayi et Kananga en raison des retards.
L’argent restant va principalement au Fonds Mwinda, qui finance des opérateurs privés de mini-réseaux et de kits solaires. Son enveloppe doit passer à 100 millions de dollars. Les investissements sur le réseau de distribution de la SNEL à Kinshasa seront aussi renforcés. Le projet solaire de Kabinda, dans le Lomami, est maintenu. Cofinancé par l’Agence française de développement, il prévoit 11 MWc de panneaux et 4 MWh de stockage.
Les décaissements expliquent ce recentrage. Selon le rapport de suivi publié par la Banque mondiale le 22 septembre, 34,05 millions de dollars avaient été versés sur le crédit, soit 17 %, et 22,28 millions sur le don, soit 7,6 %. Au total, environ 56 millions de dollars ont été décaissés sur les 500 millions restants, soit 11 % de l’enveloppe, d’après un calcul de Lepoint.cd. Le projet a été approuvé en mars 2022.
Les résultats physiques sont encore plus faibles. À fin juin 2026, aucune personne n’était comptabilisée comme bénéficiaire d’un service électrique nouveau ou amélioré, contre une cible de 4,05 millions en 2029. L’indicateur sur l’accès à l’eau potable était lui aussi à zéro, pour une cible de 1,17 million de personnes. La Banque mondiale juge les progrès « modérément insatisfaisants » et classe le risque global comme « élevé ».
L’institution prévoit une accélération. Deux contrats d’environ 130 millions de dollars ont été signés les 9 et 14 septembre pour les travaux d’eau à Kananga et doivent donner lieu à une avance de 52 millions. Environ 30 millions supplémentaires sont attendus des chantiers de la SNEL à Kinshasa. L’objectif est de décaisser 100 millions de dollars sur l’exercice 2027 de la Banque mondiale, qui se termine en juin 2027. Le prochain rapport de suivi dira si ce rythme est tenu.









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