Le 17 septembre 2026 à Kinshasa, la Fédération des entreprises du Congo a demandé au gouvernement de mesurer l’exécution de ses engagements. La Première ministre propose un « pacte de résultats ». Le premier test sera le paiement des arriérés intérieurs, estimés à 3,9 milliards de dollars fin juin.
Le président national de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Robert Malumba Kalombo, a demandé le 17 septembre que le Cadre permanent de concertation entre le gouvernement et le secteur privé fixe des délais d’exécution et mesure les résultats. Il s’exprimait à la Rentrée annuelle du patronat, au Pullman Hôtel de Kinshasa, devant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et plusieurs membres du gouvernement. Il a reconnu des avancées mais indiqué que des préoccupations soulevées lors de la réunion du Cadre permanent du 20 mai 2026 restaient en attente, selon Zoom Eco.
La Première ministre a proposé que la rencontre marque un « pacte de résultats entre l’État et le secteur privé ». L’État s’engage à poursuivre les réformes, notamment celle du foncier et celle du système fiscal, et à simplifier l’environnement des affaires. Les entreprises sont invitées à investir davantage, à transformer sur place, à créer des emplois et à mieux payer leurs impôts. Elle a cité le conflit dans l’Est et l’épidémie d’Ebola comme facteurs qui pèsent sur l’activité.
Les créances sur l’État, premier indicateur à suivre
La demande de résultats mesurables concerne d’abord ce que l’État doit aux entreprises. Lors de la Rentrée, la FEC a proposé la création d’une commission conjointe avec le ministère des Finances pour examiner les créances en attente et suivre le paiement des montants reconnus comme dus, selon Bankable. Le patronat a depuis créé sa propre commission interne pour regrouper et vérifier les dossiers de ses membres.
Les montants sont importants. À fin juin 2026, les arriérés budgétaires atteignaient environ 3,904 milliards de dollars, soit près de 55 % de la dette intérieure, d’après les données de la Direction générale de la dette publique citées par Bankable. Une partie importante de ces arriérés correspond à des crédits de TVA non remboursés, c’est-à-dire de la taxe déjà payée par les entreprises sur leurs achats et que l’État doit leur restituer. Pour une entreprise, chaque mois de retard immobilise de la trésorerie et l’oblige souvent à emprunter à un coût élevé.
La commission de la FEC ne peut ni certifier une créance ni ordonner son paiement. Chaque dossier doit passer par les étapes de la dépense publique, de la certification à la liquidation, puis à l’ordonnancement et au paiement. Les engagements de la Rentrée seront donc vérifiables sur un point précis. La mise en place ou non de la commission conjointe avec le ministère des Finances, et le rythme des remboursements, mesureront la réalité du « pacte de résultats ». La prochaine réunion du Cadre permanent de concertation sera la première occasion de le vérifier.
M. KOSI









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