La Rentrée économique 2025 de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) se présente comme un moment de cadrage entre le secteur privé et l’État. L’objectif affiché est de consolider la confiance, rendre les règles plus lisibles et sécuriser l’investissement, avec une idée simple, sans exécution des réformes, la croissance reste fragile et l’emploi ne suit pas.
La FEC met en avant quatre attentes qui reviennent comme des prérequis économiques. D’abord, un cadre fiscal clair et prévisible. Pour une entreprise, c’est la base du calcul économique, anticiper les impôts, les contrôles, les délais, donc le coût réel d’un projet. Ensuite, une administration moins intrusive et modernisée. Techniquement, cela vise la réduction des frictions, moins de contrôles redondants, plus de procédures numériques, des circuits de validation plus courts, car chaque blocage augmente les coûts de transaction et retarde l’investissement. Troisième point, des procédures rationalisées. En pratique, cela veut dire moins d’autorisations multiples, moins d’allers-retours entre services, plus de délais standardisés. Enfin, une justice commerciale crédible. Sans arbitrage fiable, le risque juridique monte, le coût du financement grimpe et les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée, quand ils ne renoncent pas.
Le gouvernement, à travers la Première ministre, insiste sur une économie tournée vers la transformation locale, la création d’emplois et la valeur ajoutée produite en RDC. C’est un signal économique classique, capter une plus grande part de la chaîne de valeur au lieu d’exporter surtout des produits bruts. Mais cette orientation dépend d’un autre paramètre mis en avant, la stabilité macroéconomique. Concrètement, cela renvoie à la maîtrise de l’inflation, à une gestion soutenable des finances publiques et à un cadre de change suffisamment stable pour éviter que les coûts, notamment importés, ne deviennent imprévisibles.
La Cellule Climat des Affaires évoque des avancées, tout en insistant sur un changement de culture administrative. Autrement dit, les mesures ne doivent pas rester sur le papier, elles doivent se traduire par des comportements mesurables, délais de traitement, transparence, réduction des interventions arbitraires. Le PNUD appelle, de son côté, à un partenariat structurant pour libérer le potentiel d’investissement, en ciblant notamment les jeunes et les femmes, un enjeu d’inclusion économique qui pèse sur la dynamique de l’emploi et la stabilité sociale.
Mines, énergie, numérique, la réforme devient une question de productivité et de risque
La Rentrée FEC 2025 met en avant des secteurs considérés comme stratégiques, mines, agriculture et forêts, énergie, industrie et transformation locale, télécommunications et numérique, banques et assurances, transport et infrastructures, emploi et sécurité sociale. Le fil conducteur est économique, améliorer la productivité et réduire le risque.
Dans les mines, le sujet est la capacité à transformer l’activité en recettes durables, donc en financement public et en investissements domestiques, ce qui suppose des règles stables et des procédures cohérentes. Dans l’énergie et les infrastructures, la question est celle du coût de production, sans énergie fiable et accessible, l’industrie reste chère, donc moins compétitive. Dans le numérique et les télécommunications, l’enjeu est l’efficacité, une administration digitalisée réduit les coûts de transaction et accélère les décisions. Dans les banques et assurances, la crédibilité du cadre légal et la qualité de la justice commerciale pèsent directement sur le crédit, car elles déterminent le risque de non-remboursement et la capacité à exécuter un contrat. Sur l’emploi et la sécurité sociale, l’équation est claire, sans croissance portée par l’investissement, il n’y a pas assez d’emplois formels pour élargir la base de cotisation et stabiliser le système.
Au terme de cette rencontre, un point ressort, la volonté d’un cadre de concertation permanent est présentée comme un outil de pilotage économique. Pour le secteur privé, l’enjeu n’est pas l’annonce, mais la preuve, des réformes visibles, avec des effets concrets sur les coûts, les délais et la sécurité juridique, car c’est cela qui détermine, au final, l’investissement et l’emploi.
M. MASAMUNA

