Le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales a certifié, le 22 juillet 2026, les premiers lots de lithium produits par Manono Lithium et destinés au marché international. Cette opération formalise le contrôle public sur une nouvelle filière d’exportation minière en République démocratique du Congo.
La RDC entre dans une nouvelle phase de l’exploitation industrielle de son lithium. Le CEEC a procédé à la certification de la première cargaison produite par Manono Lithium, dans la province du Tanganyika, en présence du gouverneur Christian Kitungwa Muteba.
La certification constitue une étape réglementaire préalable à la commercialisation internationale des substances minérales. Elle permet de vérifier l’origine du produit, ses caractéristiques, sa qualité ainsi que sa conformité avec les exigences applicables aux exportations minières congolaises.
Le CEEC avait préparé cette opération depuis avril 2026. Une mission technique conduite à Manono avait alors examiné les sources d’approvisionnement de l’usine, les procédés de traitement et les produits appelés à être exportés, notamment le lithium, l’étain et leurs sous-produits. L’institution avait également annoncé le renforcement de son dispositif de traçabilité dans la zone.
Une filière d’exportation désormais encadrée par le CEEC

La cérémonie du 22 juillet consacre la prise en charge réglementaire de la filière par l’autorité congolaise de certification. Le CEEC affirme avoir mobilisé ses agents, ses experts ainsi que des moyens techniques et logistiques pour analyser et certifier les lots destinés à quitter le territoire national.
Cette intervention doit permettre à l’État de disposer d’informations plus fiables sur les volumes, la qualité et la provenance du lithium commercialisé. Elle doit également faciliter l’identification des produits tout au long de la chaîne reliant le site de Manono aux installations de transit puis aux marchés extérieurs.
Le CEEC avait annoncé l’installation de deux laboratoires, l’un sur le site de production de Manono et l’autre à Kalemie. Un bureau de traçabilité devait également être mis en place afin d’accompagner le développement de cette nouvelle activité minière.
La certification intervient alors que les premiers mouvements de concentré avaient déjà été observés entre Manono et Kalemie. Reuters a rapporté que les exportations avaient commencé en juin sous la forme de premiers envois, vraisemblablement destinés à tester la chaîne logistique et les installations de production. Les cargaisons sont acheminées par route vers Kalemie, avant de poursuivre leur trajet vers la Chine en passant par la Tanzanie.
La cérémonie du CEEC doit ainsi être comprise comme l’officialisation du contrôle et de la certification des lots par l’État congolais, dans une filière dont les opérations logistiques avaient déjà commencé.
Manono ouvre un nouveau segment dans les exportations minières de la RDC
Manono Lithium prévoit une capacité industrielle pouvant atteindre un million de tonnes de concentré de spodumène par an. Le projet est conçu pour traiter environ cinq millions de tonnes de minerai chaque année. Pour 2026, son opérateur vise une production équivalente à 30 000 tonnes de carbonate de lithium, selon les données rapportées par Reuters.
Une première cargaison avait été entreposée au port lacustre de Kalemie avant le lancement des opérations d’exportation. Le ministère du Commerce extérieur avait annoncé son intention d’accompagner l’entreprise dans la fluidification des procédures et l’accès aux marchés internationaux.
Le lithium est principalement utilisé dans la fabrication des batteries rechargeables destinées aux véhicules électriques, aux appareils électroniques et aux systèmes de stockage de l’électricité. Son exploitation ajoute une nouvelle substance au portefeuille minier congolais, largement dominé jusqu’ici par le cuivre, le cobalt, l’or, le zinc et les minerais dits 3T.
Pour la RDC, l’entrée dans le commerce international du lithium ouvre des perspectives de recettes d’exportation, d’emplois et de développement d’infrastructures dans le Tanganyika. L’effet économique dépendra toutefois de la montée en puissance de la production, de la capacité à sécuriser le transport depuis Manono et de la part de transformation réalisée sur le territoire national.
La certification des premiers lots fournit désormais un cadre officiel pour suivre cette activité. Elle devra permettre au CEEC et aux autres services publics de documenter les volumes exportés, les caractéristiques du produit et les recettes générées par cette nouvelle filière.
Le passage de Manono à l’exportation ne représente donc pas seulement le démarrage d’un projet minier. Il introduit la RDC sur un marché mondial du lithium étroitement lié à l’industrie des batteries et à la compétition internationale pour l’accès aux minerais critiques.
— M. KOSI









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