Le Gouvernement congolais a identifié 506 projets prioritaires pour la période 2024-2026, représentant un investissement global de 12 milliards USD. Guylain Nyembo indique qu’environ 6 milliards USD ont déjà été décaissés et que 153 projets sont inscrits au budget 2026. Cette sélection constitue une première traduction opérationnelle du PNSD 2024-2028, évalué à 94,7 milliards USD, alors que Kinshasa veut désormais utiliser davantage les partenariats public-privé pour compléter les financements publics.
La présentation faite par le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, dans le cadre de la redevabilité du Gouvernement Suminwa II donne une première mesure financière du portefeuille de projets jugés prioritaires. Pour 2024-2026, l’exécutif a retenu 506 projets représentant 12 milliards USD, dont près de 6 milliards USD ont déjà été décaissés. Pour le seul exercice 2026, 153 projets ont été inscrits au budget national.
En rapprochant ces données, le portefeuille représente une enveloppe moyenne d’environ 23,7 millions USD par projet, même si les montants réels diffèrent fortement selon qu’il s’agit d’une route, d’une infrastructure énergétique, d’un équipement social ou d’un programme sectoriel. Les décaissements annoncés correspondent pour leur part à près de la moitié de la valeur totale du portefeuille. Cette proportion permet de distinguer les projets simplement identifiés des financements déjà engagés dans leur mise en œuvre.
Un portefeuille de 12 milliards dans un PNSD évalué à 94,7 milliards USD
Ces investissements s’inscrivent dans le Plan national stratégique de développement 2024-2028, qui constitue le cadre de référence du Gouvernement pour les infrastructures, la diversification économique, l’amélioration de la gouvernance, le développement du capital humain et le développement durable des provinces. Le ministère du Plan évalue le coût global du PNSD à 94,7 milliards USD. Les financements déjà identifiés représenteraient 54 % de ce besoin, dont 25 % provenant de l’État et 29 % des partenaires et du secteur privé, tandis que 46 % restent à rechercher.
Les 12 milliards USD associés aux 506 projets prioritaires représentent ainsi près de 12,7 % du coût global du PNSD, d’après le calcul de notre rédaction. Le défi n’est donc pas uniquement de sélectionner les investissements les plus urgents, mais de construire une séquence de financement cohérente avec les capacités budgétaires de l’État et avec l’apport attendu du capital privé. Guylain Nyembo situe cette trajectoire dans une ambition de croissance économique allant progressivement vers 10 %, contre environ 5,7 % actuellement.
C’est dans cette logique que le ministère du Plan prévoit la création, à travers l’Unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé, UC-PPP, d’une banque de projets PPP. L’objectif est de transformer davantage de projets publics en dossiers techniquement préparés et financièrement bancables, susceptibles d’intéresser des investisseurs privés, des banques de développement ou des fonds spécialisés. Cette orientation est importante pour la RDC, où de nombreux projets d’infrastructures nécessitent des capitaux dépassant les seules possibilités du budget annuel.
Le financement privé devient une pièce centrale de la Vision 2050
La préparation des projets devient ainsi aussi importante que leur inscription dans une programmation publique. Un projet bancable doit notamment disposer d’études techniques, d’un modèle économique, d’une estimation crédible des coûts, d’un partage identifiable des risques et d’un mécanisme de remboursement ou de rémunération de l’investisseur. Le ministère prévoit parallèlement une révision du cadre juridique des PPP et du Code des investissements, ainsi qu’une politique nationale d’amélioration de l’environnement des affaires. L’ANAPI doit continuer à accompagner cette stratégie d’attraction des capitaux privés.
Le renforcement de la planification passe également par les données et le suivi de la performance publique. Le Gouvernement poursuit le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat afin de disposer d’informations plus précises pour programmer les infrastructures et les services publics. Le ministère a par ailleurs étendu les contrats de performance à 15 établissements et structures sous sa tutelle, après une première expérimentation avec l’ANAPI, l’INS et l’UC-PPP. Ces contrats doivent fixer des objectifs mesurables et permettre une évaluation régulière des résultats.
L’équation des prochaines années est donc clairement posée. La RDC dispose d’un PNSD évalué à près de 95 milliards USD, d’un portefeuille prioritaire de 12 milliards et d’une première vague de décaissements proche de 6 milliards. La capacité à transformer le reste de cette programmation en investissements exécutés dépendra désormais de la qualité des projets proposés, de la mobilisation budgétaire et de la capacité de l’État à attirer des capitaux privés autour d’infrastructures suffisamment préparées.
M. KOSI









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