La République démocratique du Congo va renforcer ses capacités de surveillance du carbone et du climat grâce à la coopération avec le Japon. Une tour à flux devrait être construite à Lokolama, dans la province de l’Équateur, pour mesurer avec précision les échanges de carbone entre les écosystèmes forestiers et l’atmosphère.
Ce projet a été présenté ce mardi 8 septembre à la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, par l’ambassadeur du Japon en RDC, Hidetoshi Ogawa, lors d’une rencontre à Kinshasa.
Cette infrastructure scientifique doit contribuer à améliorer la collecte et l’analyse des données environnementales et climatiques dans l’une des régions forestières stratégiques du pays. Elle permettra notamment de mesurer les flux de carbone, de suivre différents paramètres climatiques et météorologiques, d’analyser l’atmosphère et de développer les recherches consacrées aux tourbières.
Ces écosystèmes, qui couvrent d’importantes superficies du bassin du Congo, jouent un rôle majeur dans la régulation du climat en raison de leur capacité à stocker d’importantes quantités de carbone. La disponibilité de données scientifiques précises constitue dès lors un enjeu majeur pour mieux comprendre leur fonctionnement et leur évolution face aux changements climatiques.
Un investissement de près de 4 millions de dollars
Le projet représente un investissement estimé à 600 millions de yens japonais, soit près de 4 millions de dollars américains. La construction de la tour devrait s’étaler sur environ une année.
Au-delà de l’infrastructure elle-même, le dispositif doit permettre à la RDC de disposer de données scientifiques plus fiables sur les interactions entre les forêts, l’atmosphère et le climat. Ces informations pourront également contribuer aux politiques publiques de protection des écosystèmes et de lutte contre le changement climatique.
De son côté, la ministre de l’Environnement a marqué son soutien à cette initiative, soulignant son intérêt pour la recherche scientifique, la préservation des forêts et des tourbières ainsi que le renforcement des capacités nationales en matière de suivi environnemental.
Pour rappel, ce projet avait déjà fait l’objet d’une réunion technique le 3 septembre 2026, notamment sur les aspects liés à l’étude environnementale et sociale.
Selon les éléments présentés à cette occasion, le démarrage des travaux reste conditionné à la mise en œuvre des mesures prévues dans le Plan d’Action de Réinstallation (RAP – Resettlement Action Plan) en faveur des populations concernées.
Le coût global des mesures de réinstallation est estimé à 17 000 dollars américains, dont environ 8 500 dollars destinés aux indemnisations directes.
Notons que la future infrastructure de Lokolama ne sera pas une première pour la RDC. Le pays dispose déjà d’une tour à flux à Yangambi, dans la province de la Tshopo, connue sous le nom de Congoflux, érigée en mars 2020.
Avec ce nouveau projet à Lokolama, la RDC entend donc étoffer son dispositif de collecte de données sur le carbone et le climat.
Eldad Bwetu









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