L’Union des sociétés minières à capitaux chinois en RDC a remis, samedi 5 septembre, une contribution de 1 million USD destinée à soutenir la riposte contre Ebola. Cette mobilisation du secteur minier intervient alors que le Gouvernement a déjà consacré 50 millions USD au plan national de réponse sanitaire et que la Chine a parallèlement déployé une assistance matérielle, financière et médicale.
Le secteur minier chinois rejoint la mobilisation financière contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. L’Union des sociétés minières à capitaux chinois en RDC, USMCC, a remis samedi une contribution de 1 million USD au ministère des Mines, en présence du ministre Louis Watum Kabamba, de l’ambassadeur de Chine Zhao Bin et de représentants d’entreprises minières chinoises.
Cette intervention répond à l’appel lancé le 19 août par le ministre des Mines aux opérateurs du secteur afin qu’ils contribuent, selon leurs capacités, à l’effort national de riposte. Le Gouvernement concentre actuellement cette réponse sur l’épidémie dont l’Ituri constitue l’épicentre. La Primature avait indiqué début juin que les autorités avaient engagé une coordination multisectorielle après une mission gouvernementale à Bunia.
Le poids de la contribution apparaît plus clairement lorsqu’elle est rapprochée des ressources publiques déjà mobilisées. Le Gouvernement a annoncé avoir financé à hauteur de 50 millions USD le plan de riposte élaboré par le ministère de la Santé. Le million apporté par l’USMCC représente ainsi l’équivalent de 2 % de cette enveloppe publique, selon un calcul de Lepoint.cd. Cette comparaison donne une mesure de l’apport financier du secteur privé à une réponse dont le financement principal reste assuré par l’État.
Le secteur minier chinois retrouve un rôle déjà joué pendant le Covid-19
La mobilisation actuelle rappelle une précédente intervention des entreprises minières chinoises lors de la pandémie de Covid-19. En 2020, les membres de l’USMCC avaient contribué à la réponse sanitaire dans le sud-est de la RDC. L’ACP rapporte qu’une mobilisation de 1 million USD avait notamment servi au démarrage et au fonctionnement quotidien de l’Hôpital général de référence du Haut-Katanga. Plus largement, l’agence estimait à plus de 3 millions USD la valeur des fonds et du matériel mobilisés à l’époque par les entreprises membres dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Six ans plus tard, la nouvelle contribution intervient dans un environnement minier où les groupes chinois occupent une place considérable dans l’extraction et la transformation du cuivre et du cobalt congolais. Leur responsabilité sociétale dépasse donc les seules dépenses communautaires autour des sites d’exploitation et peut également s’étendre à des crises sanitaires d’ampleur nationale.
Cette intervention du secteur privé s’inscrit parallèlement dans une mobilisation plus large de la Chine. Le 26 août, Pékin a remis à Kinshasa trois projets d’assistance humanitaire d’urgence liés notamment à la lutte contre Ebola. Selon l’ambassade de Chine, cette aide combine soutien matériel et financier. Trois missions successives d’experts médicaux chinois ont également été envoyées en RDC depuis le début de l’épidémie pour travailler sur la collecte de données, l’évaluation des risques, les procédures de laboratoire et les stratégies de prévention.
Le Gouvernement travaille en parallèle avec l’Organisation mondiale de la santé et Africa CDC. Une réunion présidée le 5 août par Félix Tshisekedi avait notamment conduit les acteurs de la riposte à renforcer l’engagement communautaire, la protection du personnel de santé et la surveillance des malades. La souche identifiée dans cette épidémie est celle de Bundibugyo.
Un test de la responsabilité sociale des grands opérateurs miniers
Pour le ministère des Mines, l’appel lancé aux entreprises introduit une dimension supplémentaire dans la relation entre l’État et les opérateurs. Le secteur extractif est habituellement évalué à travers la production, les exportations, les recettes fiscales, les redevances ou les obligations de développement communautaire. La réponse aux urgences sanitaires ajoute un autre terrain de contribution.
L’expérience de 2020 montre que les entreprises minières disposent d’une capacité de mobilisation financière rapide lorsqu’un dispositif collectif est mis en place. Avec son apport du 5 septembre, l’USMCC devient l’un des premiers regroupements sectoriels à répondre directement à l’appel lancé par Louis Watum Kabamba.
L’enjeu pour l’État sera désormais d’élargir cette mobilisation à l’ensemble de l’écosystème minier, dans un contexte où le cuivre, le cobalt, l’or et d’autres minerais génèrent des flux financiers considérables. Une participation plus large des opérateurs renforcerait le financement de la riposte tout en donnant un contenu concret à la responsabilité sociale revendiquée par les groupes extractifs présents en RDC.
J. KAKESA









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