Les échanges commerciaux entre Kinshasa et Washington connaissent une forte accélération. En seulement sept mois, la RDC a déjà exporté davantage de marchandises vers les États-Unis que sur l’ensemble de l’année 2025. Une envolée largement portée par le cuivre.
Entre janvier et juillet 2026, les États-Unis ont importé pour 2,123 milliards de dollars de marchandises en provenance de la République démocratique du Congo, selon les statistiques américaines.
Un an plus tôt, sur la même période, la valeur des importations s’établissait à environ 1,281 milliard de dollars. En l’espace d’un an, la progression frôle ainsi les 66 %.
Plus spectaculaire encore : le niveau atteint en sept mois dépasse déjà le record annuel de 1,928 milliard de dollars enregistré en 2025. Il est aussi près de sept fois supérieur aux 323,2 millions de dollars de marchandises congolaises importées par les États-Unis sur l’ensemble de 2024. Derrière cette envolée, un produit domine très largement : le cuivre.
Le cuivre congolais s’impose sur le marché américain
En 2025, le cuivre et les ouvrages en cuivre avaient représenté environ 1,81 milliard de dollars, soit près de 94 % des importations américaines en provenance de la RDC.
La domination du métal rouge s’est poursuivie en 2026. Au premier semestre, sur les 1,411 milliard de dollars de marchandises congolaises achetées par les États-Unis, environ 1,04 milliard concernaient le cuivre et ses dérivés.
Et le mois de juillet a encore changé la donne. Les importations américaines depuis la RDC ont bondi à 712,7 millions de dollars, contre 264,4 millions en juillet 2025. Soit une progression spectaculaire de près de 170 % en douze mois.
Cette poussée intervient alors que les États-Unis ont enregistré en juillet un niveau record de leurs importations de cuivre, avec 225 094 tonnes achetées sur le marché international. La RDC en aurait fourni environ 55 000 tonnes, soit près d’un quart du volume mensuel importé par Washington.
Notons que le déséquilibre commercial entre les deux pays s’est, dans le même temps, considérablement accentué.
Les exportations américaines vers la RDC ont reculé à 120,8 millions de dollars entre janvier et juillet 2026, contre 150,8 millions sur la même période en 2025. Une baisse proche de 20 %.
Le déficit commercial américain vis-à-vis de la RDC atteint ainsi environ 2,002 milliards de dollars en sept mois, contre près de 1,13 milliard un an auparavant.
Autrement dit, Washington achète beaucoup plus à Kinshasa tandis que Kinshasa achète moins à Washington.
Cette évolution intervient alors que la Gécamines accélère sa stratégie de diversification des débouchés pour les minerais congolais. La société minière publique mise notamment sur ses participations dans plusieurs coentreprises et sur son partenariat avec Mercuria pour orienter davantage de volumes vers de nouveaux marchés.
Le gouvernement congolais affirme, dans ses statistiques minières du premier semestre 2026, que les ventes de cuivre vers les États-Unis et l’Europe ont doublé par rapport à 2025.
Cette évolution intervient sur fond de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Dans cette nouvelle bataille pour sécuriser l’accès aux minerais critiques, le cuivre congolais prend une importance stratégique croissante.
Pour rappel, Kinshasa et Washington avaient déjà posé les bases de ce rapprochement avec le partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025.
L’accord prévoit notamment la possibilité pour la RDC et ses entreprises publiques d’utiliser leurs droits de commercialisation afin de faciliter l’accès au marché américain à travers des contrats d’enlèvement de minerais.
A en croire les États-Unis, l’objectif est de sécuriser leurs approvisionnements. De son côté, la RDC estime que le défi est désormais de convertir cet intérêt américain en investissements durables, transformation locale et création de davantage de valeur ajoutée.
Selon les estimations d’Innogence Consulting, les participations de la Gécamines pourraient lui permettre d’orienter vers les États-Unis, en 2026, jusqu’à 250 000 tonnes de cuivre, 12 000 tonnes de cobalt et 100 000 tonnes de zinc.
Eldad B.









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