La production chilienne de cuivre devrait reculer de 2,6 % en 2026, à 5,27 millions de tonnes, selon la Commission chilienne du cuivre (Cochilco). La RDC, elle, a produit 3,5 millions de tonnes en 2025 et la Zambie prévoit de dépasser le million de tonnes, ce qui resserre l’écart avec le leader mondial.
Cochilco a abaissé sa prévision le 11 août 2026, pour la deuxième fois consécutive. Le Chili a extrait 2,481 millions de tonnes au premier semestre, soit 6,6 % de moins qu’un an plus tôt, en raison de la faiblesse de Codelco et des mines d’Escondida et de Spence, exploitées par BHP. Les teneurs en baisse dans les gisements vieillissants et les contraintes sur l’eau pèsent aussi sur l’offre. La commission attend un rebond à 5,55 millions de tonnes en 2027.
La RDC suit la trajectoire inverse. Ses entreprises minières ont produit 3 503 539 tonnes de cuivre en 2025, selon les statistiques provisoires de la Cellule technique de coordination et de planification minière. Rapportée aux 23,5 millions de tonnes de production minière mondiale que Cochilco projette pour 2026, cette production représente environ 15 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. La part du Chili s’établit à environ 22 % sur la même base. Les années de référence diffèrent, mais l’ordre de grandeur est net.
Près de 85 % du cuivre exporté par la RDC est déjà raffiné
Les exportations congolaises de cuivre métal ont atteint 3 407 134 tonnes en 2025, contre 3 100 234 tonnes en 2024, soit une hausse de 9,9 % selon un calcul de Lepoint.cd. Les cathodes en représentent 2 847 442 tonnes, soit 84 % du total. Au premier trimestre 2026, la RDC a expédié 696 725 tonnes de cathodes contre 53 926 tonnes de concentrés, ce qui porte la part des cathodes à environ 85 % des 823 887 tonnes exportées sur la période. Les exportations ont progressé de 3,7 % sur un an.
Cette structure explique le poids de la mesure prise le 29 juin 2026. Un arrêté interministériel interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, sauf dérogation d’un an accordée par le ministre des Mines. Pour l’État, l’enjeu est de conserver sur le sol congolais la valeur ajoutée du raffinage.
La Zambie mise sur le million de tonnes
Lusaka a publié le 27 septembre 2026 son cadre budgétaire 2027-2029. Il prévoit une croissance de 6,0 % en 2027, 7,5 % en 2028 et 7,1 % en 2029, contre une prévision de 4,3 % du Fonds monétaire international pour 2026. Le ministère des Finances table sur une production de cuivre supérieure à 1 million de tonnes, soit au moins 22 % de plus que les 820 670 tonnes de 2024, selon un calcul de Lepoint.cd. L’inflation est revenue à 6,1 % en septembre 2026, contre 16,7 % en décembre 2024, et les réserves de change dépassent 5,5 milliards USD, d’après le ministre Situmbeko Musokotwane.
Ensemble, la RDC et la Zambie assurent environ 18 % du cuivre mondial, selon l’Africa Finance Corporation. Les deux pays dépendent désormais de leurs débouchés logistiques. Le corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, vise à acheminer le cuivre vers l’Atlantique, tandis que la Chine modernise la ligne Tazara vers l’océan Indien. Côté énergie, la Zambie affiche un objectif de 10 000 mégawatts.
Les acteurs zambiens ont jusqu’au 9 octobre 2026 pour remettre leurs recommandations sur le Livre vert, avant la finalisation du budget 2027.
M. KOSI









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