ERG Africa a signé un protocole d’accord avec l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) au Mining Indaba 2026, au Cap, en présence du ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba. L’annonce marque un nouveau signal autour d’un sujet sensible en RDC; la place de l’exploitation artisanale dans la chaîne du cobalt, un minerai au cœur des usages industriels modernes.
Le partenariat est présenté comme une collaboration entre secteur public et privé pour accélérer la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. L’idée est simple : mieux organiser une activité souvent informelle, réduire les abus et rendre les pratiques plus contrôlables, alors que le cobalt congolais est scruté par les industriels et les régulateurs.
Traçabilité, conditions de travail, sécurité : ce que vise l’accord
Dans la communication des deux parties, plusieurs objectifs ressortent. D’abord, améliorer les conditions de travail des creuseurs artisanaux. Cela renvoie aux réalités des sites non encadrés : sécurité limitée, manque d’équipements, exposition à des risques sociaux et sanitaires. Le protocole évoque aussi la réduction des risques liés aux droits humains associés aux circuits informels. C’est un point central, car la réputation d’une filière dépend autant des volumes produits que des conditions dans lesquelles ils sont extraits.
Le texte met également l’accent sur la cohésion sociale autour des zones minières. Dans plusieurs territoires, l’activité artisanale concentre des tensions : conflits d’accès aux sites, relations difficiles avec certains opérateurs, pression sur les services locaux. Sur le plan environnemental, l’accord annonce une volonté de renforcer la protection des milieux affectés par l’exploitation artisanale, souvent marquée par des méthodes de creusage peu contrôlées.
Enfin, la question de la traçabilité est mise en avant. Pour un minerai comme le cobalt, « tracer » signifie pouvoir documenter l’origine du produit, son trajet et les conditions de sa collecte jusqu’à la chaîne d’approvisionnement. C’est un enjeu de conformité pour les acheteurs et un enjeu de sécurité pour les acteurs locaux, dans un contexte où la contrebande et les circuits parallèles restent une préoccupation.
ERG Africa précise un point : l’entreprise indique qu’elle ne s’approvisionne pas en minerais issus de l’exploitation artisanale et qu’elle ne prévoit pas de le faire. Sa participation est présentée comme une démarche de responsabilité sociale et de développement à long terme des communautés, avec l’ambition de soutenir des « solutions pratiques » sur le terrain.
— Peter MOYI

