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Banques en RDC, 15,9 milliards USD de dépôts privés pour 10,1 milliards de crédits

Selon la Banque mondiale, les dépôts du secteur privé atteignent 15,9 milliards USD en RDC, contre 10,1 milliards de crédits, un ratio de 157,4 %. Les prêts vont surtout aux grandes entreprises, et les PME pèsent moins de 20 % du crédit. La qualité du portefeuille s'améliore, avec 5,1 % de prêts non performants.

Banque commercial en rdc

Selon la Banque mondiale, les dépôts du secteur privé atteignent 15,9 milliards USD en RDC, contre 10,1 milliards de crédits, un ratio de 157,4 %. Les prêts vont surtout aux grandes entreprises, et les PME pèsent moins de 20 % du crédit. La qualité du portefeuille s’améliore, avec 5,1 % de prêts non performants.

Les banques commerciales de RDC ont continué cette année à orienter leurs prêts vers les mines, le commerce et les services, selon le rapport de la Banque mondiale intitulé « Le chaînon manquant. De la croissance des entreprises à la création d’emplois ». Les petites et moyennes entreprises représentent moins de 20 % du crédit total. Selon le rapport, les prêts restent concentrés sur quelques grands secteurs, ce qui limite l’accès au crédit des PME et des ménages.

Des dépôts bien plus élevés que les prêts

Le crédit au secteur privé a atteint 10,1 milliards USD en juin 2026, en hausse de 8,1 % par rapport à 2025. Il représente 11,7 % du PIB, soit à peu près la moitié de la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Les dépôts du secteur privé ont progressé plus vite pour atteindre 15,9 milliards USD, ce qui donne un ratio dépôts sur prêts de 157,4 %. L’écart entre les deux montants est de 5,8 milliards USD, selon un calcul de Lepoint.cd.

Les actifs liquides représentaient 24,5 % du total des actifs et 81,4 % des engagements à court terme en mars 2026. Le rapport y voit des amortisseurs favorables à la stabilité financière, mais aussi le signe d’une sous-utilisation des ressources. Selon lui, les banques détiennent d’importantes liquidités, mais prêtent avec prudence en raison du risque de défaillance, de l’insuffisance des garanties et de la faiblesse des systèmes d’information sur le crédit. Elles gardent des réserves plutôt que de financer des prêts productifs à plus long terme.

Un portefeuille plus sain et une rentabilité solide

La qualité des prêts s’est améliorée. Le ratio de prêts non performants est passé de 6,5 % en juin 2025 à 5,6 % en décembre 2025, puis à 5,1 % en juin 2026, soit 1,4 point de moins en un an.

Le rapport attribue cette amélioration à l’intensification du recouvrement, à de meilleurs résultats des emprunteurs et à de meilleures pratiques de supervision de la Banque centrale du Congo (BCC). La rentabilité reste solide, avec un rendement des actifs de 1,4 % en mars 2026 et un rendement des capitaux propres de 13,4 %.

Le crédit au secteur privé devrait progresser de 7,4 % en 2026, d’après le rapport. Il serait soutenu par la baisse du taux directeur de la BCC et celle des réserves obligatoires, qui ont libéré des liquidités en francs congolais dans le système bancaire.

Les crédits restent très majoritairement libellés en devises. Selon la note de conjoncture hebdomadaire de la BCC relayée par MediaCongo, l’encours brut des crédits bancaires atteignait 11,36 milliards USD à fin juin, dont l’équivalent de 316 millions USD en francs congolais, soit 2,8 %.

Le rapport décrit un programme de réformes en cours pour approfondir l’inclusion financière, réduire la dollarisation et renforcer l’intégrité du système financier. La Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028 vise à élargir l’accès aux services financiers, notamment par les canaux numériques et les agents bancaires.

M. MASAMUNA