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Banque centrale

La BCC maintient son taux à 12,5 % alors que l’inflation cumulée atteint 7,25 %

Réunie le 8 octobre à Kolwezi, la Banque centrale du Congo a laissé son taux directeur à 12,5 % et interrompu sa série de baisses. L’inflation cumulée depuis janvier atteint 7,25 % fin septembre, et la BCC la voit à 8,9 % en fin d’année.

Wameso Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo
Wameso Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo

Réunie le 8 octobre à Kolwezi, la Banque centrale du Congo a laissé son taux directeur à 12,5 % et interrompu sa série de baisses. L’inflation cumulée depuis janvier atteint 7,25 % fin septembre, et la BCC la voit à 8,9 % en fin d’année.

La Banque centrale du Congo (BCC) fait une pause. Son Comité de politique monétaire (CPM), réuni jeudi 8 octobre à Kolwezi sous la présidence du gouverneur André Wameso, a maintenu le taux directeur à 12,5 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 16,5 %. Il s’agissait de sa quatrième réunion ordinaire de l’année. Selon Deskeco, c’est la première fois en quatre trimestres que le comité garde le statu quo.

Le taux de 12,5 % résulte d’une baisse de 100 points de base décidée par le CPM du 17 juillet, qui l’avait ramené de 13,5 %, d’après Financial Afrik. Le média situe son entrée en vigueur en août. Le taux directeur est le prix auquel la BCC refinance les banques et sert de référence au coût de l’argent en francs congolais. En le figeant, la banque centrale arrête le mouvement de détente engagé depuis un an.

Une inflation qui accélère, mais par paliers

La pause intervient dans un contexte où les prix repartent. L’inflation cumulée depuis le début de l’année est passée de 4,83 % fin juin à 7,25 % fin septembre. Le gouverneur évoque une accélération relative. Il s’agit d’un cumul depuis janvier et non d’une variation sur douze mois.

En composant les deux taux, la hausse des prix atteint environ 2,31 % sur le seul troisième trimestre, selon un calcul de Lepoint.cd. La BCC projette 8,9 % fin 2026. Pour y arriver, la hausse des prix devrait ressortir à environ 1,5 % au quatrième trimestre, soit un rythme inférieur à celui de l’été. La banque table ensuite sur 6,40 % en 2027.

L'inflation cumulée est passée de 4,83 % à 7,25 % en un trimestre
Inflation cumulée depuis janvier, en %, fin 2026 étant une projection de la BCC
02,557,5104,83 %Fin juin 20267,25 %Fin septembre 20268,90 %Fin 2026 (projection BCC)
Source : BCC, compte rendu du CPM du 8 octobre 2026LePoint.cd
Voir les données
Inflation cumulée
Fin juin 20264,83 %
Fin septembre 20267,25 %
Fin 2026 (projection BCC)8,90 %

Sur douze mois, la progression est bien plus modeste. Les statistiques hebdomadaires de la BCC font état d’un glissement annuel de 3,68 % pour la première semaine d’octobre. Le taux directeur se situe donc environ 8,8 points de pourcentage au-dessus de l’inflation annuelle, ce qui laisse à la banque une marge confortable pour attendre avant de reprendre ses baisses.

Pourquoi la BCC attend

Le gouverneur Wameso a justifié la pause par les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, dont la banque veut observer l’évolution. Deskeco rapporte que la BCC reprendrait ses baisses si l’inflation reste suffisamment positive par rapport au taux directeur. L’objectif affiché est d’amener les taux en francs au niveau des taux en dollars, ou en dessous, pour réduire le coût du crédit en CDF sans relancer les prix.

Le compte rendu du comité énumère les risques qui justifient cette prudence.

  • Une éventuelle aggravation du conflit au Moyen-Orient et la volatilité des cours des matières premières.
  • La poursuite de l’insécurité dans l’Est du pays, qui pourrait peser sur les finances publiques.
  • Une évolution défavorable de la situation sanitaire liée à Ebola, avec le même effet sur les finances publiques.

La BCC dit rester prête à activer ses instruments de politique monétaire et de change si nécessaire.

Le comité a par ailleurs reconduit les coefficients de réserves obligatoires. Pour les dépôts en francs congolais, ils restent à 10,5 % sur les dépôts à vue et à 0 % sur les dépôts à terme. Pour les dépôts en devises, ils restent à 11,5 % sur les dépôts à vue et à 10,5 % sur les dépôts à terme. La réserve obligatoire constituée sur les dépôts en CDF est rémunérée à 0,5 %. Une partie de la réserve cristallisée en francs congolais, c’est-à-dire immobilisée à la BCC, est dégelée, ce qui libère des liquidités en CDF pour les banques.

Le franc et la croissance

Au 30 septembre, le dollar valait 2 267,80 CDF sur le marché interbancaire, soit une dépréciation de 1,05 % du franc depuis fin juin. Sur le marché parallèle, il valait 2 325,56 CDF, et le franc y a gagné 0,13 % sur la même période. L’écart entre les deux marchés ressort à environ 2,5 %, selon le calcul de Lepoint.cd. La BCC prévoit un taux de change d’environ 2 270 CDF pour un dollar fin 2026, puis 2 294,20 CDF fin 2027.

Du côté de l’activité, la banque projette une croissance du PIB réel de 5,4 % en 2026, contre 5,7 % en 2025.