Réuni ce jeudi 8 janvier 2026, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé de continuer l’assouplissement engagé au dernier trimestre 2025. Mesure centrale, le taux directeur est ramené de 17,5 % à 15,0 %, soit une baisse de 250 points de base.
En conférence de presse, le gouverneur André WAMESO a justifié ce choix par une projection d’inflation maîtrisée en 2026, dans un environnement décrit comme plus stable sur le marché des changes, avec un taux de change annoncé en stabilisation et une croissance jugée robuste.

Sur le plan technique, le taux directeur est le signal principal de la BCC sur le coût de la liquidité. En le réduisant, la banque centrale cherche à desserrer le frein monétaire, afin de rendre le financement moins onéreux et d’encourager l’activité, tout en pariant sur une trajectoire de prix qui reste contenue.
Une baisse qui vise le coût du crédit, tout en gardant les garde-fous
La BCC ajuste aussi le taux des facilités de prêt marginales, qui passe de 21,5 % à 19,0 %. Ce taux correspond au coût auquel une banque peut se refinancer en urgence auprès de la banque centrale. En le diminuant de 2,5 points, la BCC réduit le prix de ce filet de sécurité, ce qui peut fluidifier la gestion de trésorerie du secteur bancaire, surtout en période de tensions de liquidité.
En revanche, les autres instruments ne bougent pas. Les coefficients de réserve obligatoire restent inchangés, un choix qui indique que la BCC veut soutenir le crédit par les taux, sans relâcher les exigences de liquidité imposées aux banques. Autrement dit, l’impulsion passe par une baisse du prix de l’argent, pas par un changement des contraintes structurelles qui encadrent la distribution de crédit.
Peter MOYI


