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Pourquoi les minerais africains rapportent peu, le maillon manquant de la chaîne de valeur

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L’Afrique dispose de minerais recherchés et d’un marché mondial demandeur. Mais l’enjeu principal n’est pas l’abondance du sous-sol. Le vrai problème est ailleurs : beaucoup de pays n’ont pas la main sur les étapes qui transforment une roche en activité économique, en emplois et en recettes publiques.

Depuis des années, plusieurs institutions et travaux académiques convergent vers le même constat : la valeur se construit surtout entre la production et l’exportation. La mine ouvre la porte, mais elle ne fait pas, à elle seule, l’économie. Ce qui pèse, ce sont les systèmes « du milieu » : regroupement des volumes, traitement et transformation, logistique, traçabilité, contrats d’achat et accès à des acheteurs conformes aux normes.

Quand les minerais partent directement « du puits au port », le résultat est souvent le même : des marges faibles, des revenus instables, peu d’industries locales, et une dépendance à des acteurs extérieurs qui fixent les prix. À l’inverse, quand un pays organise ces étapes intermédiaires, les effets changent : la productivité peut progresser, les recettes deviennent plus prévisibles, et l’investissement suit une logique plus répétable, moins liée à des paris ponctuels.

Pourquoi le “milieu” de la filière change l’économie réelle

Mettre de l’ordre dans l’artisanat minier, par exemple, ne relève pas d’un discours social. C’est une approche commerciale et industrielle : formaliser transforme des volumes informels en approvisionnements traçables, donc finançables. Développer des capacités de traitement retient une partie de la marge sur place et construit des compétences. Soigner la logistique décide si l’activité minière irrigue l’économie ou reste une enclave isolée.

Ces étapes créent aussi un tissu d’entreprises autour des flux : énergie, transport, services d’ingénierie, maintenance, financement, location d’équipements, outils de conformité et formation. Ce sont ces métiers, ancrés localement, qui s’accumulent avec le temps.

Sur le plan géopolitique, la logique est similaire : les chaînes d’approvisionnement récompensent la fiabilité, la traçabilité et le respect des standards, plus que la seule richesse du sous-sol.

— M. KOSI

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