L’Angola a extrait 31,2 millions de barils de pétrole en juin 2026, contre 6,692 millions produits par la RDC durant toute l’année 2025. Au rythme angolais actuel, moins d’une semaine suffit pour atteindre le volume annuel congolais.
L’écart pétrolier entre la République démocratique du Congo et l’Angola dépasse largement une différence de régime fiscal ou de partage des revenus. Il repose d’abord sur la production, les infrastructures et la capacité opérationnelle déployée dans chacun des deux pays.
En juin 2026, l’Angola a produit 31 199 375 barils de pétrole, soit une moyenne de 1 039 979 barils par jour, selon l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocombustibles. Durant ce seul mois, le pays a extrait près de 4,7 fois le volume produit par la RDC pendant toute l’année 2025.
La production congolaise s’est établie à 6,692 millions de barils en 2025, contre 6,879 millions en 2024. Le recul atteint environ 2,7 % sur une année, selon un calcul de Lepoint.cd effectué à partir des données de l’Institut national de la statistique.
Rapportée à une moyenne journalière, la RDC a produit environ 18 334 barils par jour en 2025. La production quotidienne angolaise de juin 2026 était donc près de 57 fois supérieure. Au même rythme, l’Angola mettrait environ 6,4 jours pour extraire l’équivalent de toute la production congolaise de 2025.
Un seul bloc angolais produit davantage que toute la RDC
L’écart apparaît aussi dans la comparaison entre les blocs angolais et l’ensemble du secteur pétrolier congolais. En juin 2026, le bloc 14 angolais a produit 36 007 barils par jour, soit presque deux fois la moyenne journalière nationale de la RDC en 2025.
Le bloc 17, premier contributeur angolais durant cette période, affichait 313 522 barils par jour. Sa production était environ 17 fois supérieure à celle de l’ensemble du territoire congolais. Le bloc 15 produisait 170 651 barils par jour, tandis que le bloc 15/06 atteignait 136 426 barils.
Cette capacité repose sur une industrie offshore développée depuis plusieurs décennies. L’Angola dispose de plateformes, d’unités flottantes de production et de stockage, de réseaux d’exportation, de moyens de forage ainsi que d’opérateurs internationaux expérimentés.
Durant le mois de juin, 13 unités de sondage étaient en activité et des travaux ont été menés sur 31 puits. L’Angola a également enregistré 34,156 millions de barils de prélèvements commerciaux, dont 33,078 millions destinés à l’exportation et 1,077 million livré à la raffinerie de Luanda.
La RDC demeure pour sa part un producteur de petite taille. Sa production annuelle est passée de 8,737 millions de barils en 2020 à 6,692 millions en 2025, soit une baisse d’environ 23,4 % en cinq ans, selon un calcul fondé sur la série statistique de l’INS.
Son exploitation reste principalement concentrée dans le bassin côtier. Le pays dispose pourtant de plusieurs bassins sédimentaires et le ministère des Hydrocarbures évalue son potentiel à plus de 22 milliards de barils. Ce potentiel géologique ne correspond cependant pas à des réserves entièrement prouvées ni à une production déjà disponible.
La ZIC partage les droits, pas les capacités industrielles
La Zone maritime d’intérêt commun entre la RDC et l’Angola doit être analysée à partir de cette forte asymétrie. Les accords conclus entre les deux États prévoient une répartition égale des intérêts dans le périmètre commun, fixé entre le sud du bloc 14 et le nord des blocs 15 et 30.
Cette clé de partage à 50 % ne signifie pas que les deux pays disposent des mêmes moyens techniques ni qu’ils se partageront l’ensemble de la production angolaise. Les gisements déjà découverts par les opérateurs angolais restent exclus du dispositif commun, sauf abandon ou restitution à l’État.
Le 22 juillet 2026, les deux gouvernements ont signé un avenant au contrat de partage de production du bloc 14/23 et engagé l’activation des structures de gestion de la zone. Une commission chargée de superviser le compte conjoint Angola-RDC doit notamment suivre les flux issus des opérations communes.
Pour Kinshasa, la ZIC peut ouvrir l’accès à une production offshore, à des recettes et à une expérience technique que le secteur national ne possède pas encore à la même échelle. Pour Luanda, elle étend un modèle d’exploitation déjà appuyé sur une chaîne industrielle fonctionnelle et une production supérieure à un million de barils par jour.
L’égalité juridique prévue dans la zone commune ne supprimera donc pas immédiatement l’écart entre les deux industries. La progression de la RDC dépendra de sa capacité à transformer sa participation au bloc 14/23 en production mesurable, en recettes contrôlées et en compétences techniques utilisables dans ses propres bassins pétroliers.
— M. KOSI









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