Robert Friedland et J. Peter Pham ont présenté à la Maison-Blanche les avancées du groupe Ivanhoe dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques en RDC, en Guinée et au Liberia. Cette démarche renforce la visibilité des actifs congolais auprès de Washington, sans constituer à ce stade un nouvel accord commercial ou financier.
Ivanhoe Atlantic a annoncé que son fondateur Robert Friedland et son président exécutif J. Peter Pham avaient tenu un briefing à la Maison-Blanche sur les projets développés par le groupe Ivanhoe dans trois pays africains. La communication de l’entreprise cite la République démocratique du Congo aux côtés de la Guinée et du Liberia, dans le cadre des efforts américains destinés à diversifier l’accès aux minerais stratégiques.
Cette présentation intervient alors que Washington cherche à réduire la dépendance de ses industries envers des chaînes de transformation fortement concentrées en Chine. Pour la RDC, la relation la plus avancée publiquement documentée concerne la mine de Kipushi, exploitée par Ivanhoe Mines en partenariat avec la Gécamines.
En février 2026, Robert Friedland avait déjà participé à la Maison-Blanche au lancement de Project Vault, un programme américain de stockage de minerais critiques évalué à 12 milliards USD. Ivanhoe Mines avait alors annoncé des discussions avec la Gécamines et le négociant Mercuria pour orienter vers les États-Unis une partie des concentrés produits à Kipushi.
Kipushi place le germanium et le gallium congolais dans la stratégie américaine
La mine de Kipushi produit principalement du concentré de zinc, mais celui-ci contient également du germanium et du gallium, deux métaux utilisés dans les semi-conducteurs, les fibres optiques, les équipements de vision nocturne, les composants électroniques et certaines technologies solaires.
Ivanhoe Mines prévoit une production comprise entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc en 2026. Dans le schéma discuté avec Washington, la Gécamines pourrait prendre en charge la commercialisation d’une partie de cette production, y compris vers le marché américain. La société publique détient 32 % du projet Kipushi.
Le groupe avait indiqué que les concentrés analysés en 2025 contenaient jusqu’à 90 grammes de germanium et 70 grammes de gallium par tonne. Ces teneurs ne correspondent pas encore à des volumes de métaux raffinés disponibles pour l’industrie américaine. Le produit doit encore être traité dans des installations capables de récupérer et de séparer ces substances.
La place de la RDC dans cette stratégie dépendra donc du contenu des futurs accords de vente, des quantités effectivement dirigées vers les États-Unis et de la localisation des opérations de raffinage. Une exportation de concentrés congolais vers une usine américaine sécuriserait un débouché, mais ne garantirait pas automatiquement que la valeur industrielle liée à la récupération du germanium et du gallium soit créée en RDC.
Le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula représente un autre actif important du groupe dans le pays. Sa production a atteint 64 328 tonnes de cuivre au deuxième trimestre 2026. Le site dispose d’une fonderie d’une capacité annuelle de 500 000 tonnes, destinée à augmenter la teneur du produit exporté et à réduire les coûts logistiques. Aucun nouvel engagement américain concernant le cuivre de Kamoa-Kakula n’a cependant été annoncé dans la publication consacrée au briefing.
Guinée et Liberia complètent le dispositif africain d’Ivanhoe
En Afrique de l’Ouest, Ivanhoe Atlantic développe le projet de minerai de fer de Kon Kweni, dans le sud-est de la Guinée. L’entreprise annonce une ressource totale de 751,9 millions de tonnes de minerai directement expédiable, dont 209 millions de tonnes à haute teneur, avec une concentration moyenne de 67,8 % de fer.
La production guinéenne doit rejoindre l’Atlantique à travers le Liberia. Le Liberty Corridor prévoit une liaison ferroviaire et portuaire reliant Kon Kweni aux infrastructures libériennes. Le projet associe le transport minier à des investissements dans les routes, l’électricité et les télécommunications.
Le briefing présenté à Washington réunit ainsi trois composantes différentes. La Guinée fournit un projet de minerai de fer à haute teneur, le Liberia offre un corridor d’évacuation vers l’océan Atlantique et la RDC apporte du cuivre, du zinc, du germanium et du gallium déjà issus de mines en production.
La démarche reste pour l’instant une présentation institutionnelle. La publication d’Ivanhoe Atlantic ne mentionne ni nouveau contrat, ni financement supplémentaire, ni volume réservé aux États-Unis à l’issue de la rencontre.
Pour la RDC, la prochaine étape observable sera la conclusion éventuelle de l’accord entre Ivanhoe Mines, la Gécamines et Mercuria sur les concentrés de Kipushi. Sa portée devra être évaluée à partir des volumes concernés, des conditions commerciales, de la destination du raffinage et de la part de valeur conservée dans l’économie congolaise.
— M. KOSI








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