La Banque centrale du Congo (BCC) a laissé son taux directeur à 12,5 % et son taux de prêt marginal à 16,5 % lors de la réunion de son Comité de politique monétaire (CPM) du 8 octobre 2026 à Kolwezi. C’est la première pause après quatre baisses consécutives depuis octobre 2025, alors que la BCC prévoit désormais une inflation de 8,9 % à fin 2026, au-dessus de son objectif de 7 %.
Le communiqué n° 04/2026 s’appuie sur une inflation cumulée de 7,25 % à fin septembre, contre 4,83 % à fin juin. La BCC attribue cette accélération à la hausse des prix alimentaires mondiaux, notamment des céréales, à la perturbation des chaînes d’approvisionnement, aux tensions locales liées à la guerre dans l’Est et à l’épidémie d’Ebola. Les prévisions du comité sont une inflation de 8,90 % fin 2026, puis de 6,40 % en 2027. Atteindre 8,9 % à fin décembre suppose environ 1,5 % de hausse des prix sur le dernier trimestre, soit près de 0,5 % par mois, d’après un calcul de Lepoint.cd à partir du cumul de septembre.
Un matelas de taux réel qui se réduit
Avec une inflation de 8,9 %, le taux réel, c’est-à-dire le taux directeur corrigé de l’inflation, tomberait à environ 3,6 points, d’après un calcul de Lepoint.cd. Il était de 11,3 points en avril, quand l’inflation annuelle était de 2,2 %. Le CPM estime que le maintien d’un taux réel « suffisamment positif » doit contribuer à contenir les prix, ce qui explique l’arrêt des baisses.
Le comité a reconduit les coefficients de réserve obligatoire, soit 10,5 % sur les dépôts à vue et 0 % sur les dépôts à terme en francs, et 11,5 % et 10,5 % en devises. Il a décidé de rémunérer à 0,5 % la réserve obligatoire sur les dépôts en monnaie nationale et de dégeler une partie de la réserve obligatoire cristallisée. Si ce taux s’applique à l’ensemble des 2 151 milliards de CDF de réserves obligatoires en francs au 25 septembre, il représente environ 10,8 milliards de CDF par an pour les banques, selon un calcul de Lepoint.cd. L’effet du dégel se lira dans les prochaines situations de la base monétaire.
Sur le marché des changes, le dollar s’échangeait à 2 267,80 CDF à l’interbancaire et à 2 325,56 CDF au parallèle au 30 septembre. Par rapport à fin juin, le franc s’est déprécié de 1,05 % à l’interbancaire et apprécié de 0,13 % au parallèle. La BCC attend 2 270 CDF fin 2026 et 2 294,20 CDF fin 2027. Les réserves internationales atteignent 7,8 milliards USD au 29 septembre, soit 2,96 mois d’importations.
La BCC projette une croissance de 5,4 % en 2026, contre 5,7 % en 2025. Elle cite comme risques une aggravation du conflit au Moyen-Orient, la volatilité des cours des matières premières, l’insécurité dans l’Est et l’évolution de la situation sanitaire liée à Ebola, qui pèsent sur les finances publiques.
La prochaine réunion du CPM se tiendra le 12 janvier 2027 à Kinshasa, et le chiffre d’inflation d’octobre dira dans l’intervalle si la trajectoire de 8,9 % est tenue.









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