La Banque centrale du Congo réunit son Comité de politique monétaire le 8 octobre avec un taux directeur à 12,5 %. La hausse des prix n’est que de 3,4 % sur un an, mais elle avance à un rythme proche de 10 % depuis janvier, ce qui réduit la marge pour assouplir encore le crédit.
La Banque centrale du Congo (BCC) aborde la réunion de son Comité de politique monétaire (CPM), prévue jeudi 8 octobre, avec deux lectures divergentes de l’inflation. Au 26 septembre 2026, la hausse des prix atteignait 3,436 % en glissement annuel et 7,250 % en cumul depuis le début de l’année, selon les données de l’Institut national de la statistique publiées par la BCC. Rapporté à 268 jours, ce cumul correspond à un rythme annuel d’environ 10 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. C’est nettement au-dessus de l’objectif de moyen terme de 7 % fixé par l’institut d’émission.
L’écart compte, parce que la BCC fonde ses baisses de taux sur le maintien d’un taux d’intérêt réel positif, c’est-à-dire un taux directeur supérieur à l’inflation. En avril, le gouverneur André Wameso avait chiffré cet écart à 11,3 points, en le calculant sur l’inflation en glissement annuel. Avec la même méthode, il ressort aujourd’hui à environ 9 points. Mesuré sur le rythme observé en 2026, il tombe à 2,5 points. Une nouvelle réduction de 100 points de base le ramènerait à 1,5 point.
Le glissement annuel compare les prix actuels à ceux de septembre 2025. Il intègre donc la fin d’année 2025, quand l’appréciation du franc avait fait reculer les prix, avec une inflation hebdomadaire négative de 0,10 % à la mi-octobre 2025. Cet effet s’efface mois après mois. En décembre, les deux mesures se confondent par construction.
La hausse des prix ne ralentit pas
L’inflation cumulée était de 2,3 % fin mars et de 4,8 % fin juin. Les prix ont donc augmenté d’environ 2,4 % au deuxième trimestre, puis d’environ 2,3 % entre fin juin et le 26 septembre, selon notre calcul. Le rythme reste stable au lieu de décélérer. La BCC attribuait la poussée du deuxième trimestre au prix des carburants, au coût logistique des importations et aux anticipations des opérateurs. En juillet, elle signalait aussi la liquidité alimentée par les dépenses sécuritaires dans l’Est et les dépenses des ménages liées à la rentrée scolaire, deux facteurs concentrés sur le troisième trimestre.
Le change plaide dans l’autre sens. Le dollar s’échangeait à 2 265 francs congolais au cours officiel du 2 octobre, contre 2 248,53 francs le 9 juillet, soit une dépréciation du franc d’environ 0,7 % en trois mois. Ce niveau reste proche des 2 250 francs autour desquels la BCC prévoyait de stabiliser le taux de change.
Depuis octobre 2025, la BCC a abaissé son taux en quatre étapes. Il est passé de 25 % à 17,5 % en octobre, puis à 15 % en janvier et à 13,5 % le 9 avril, avant d’être ramené à 12,5 % le 17 juillet. Une pause maintiendrait le coût du refinancement des banques à ce niveau, et celui de la facilité de prêt marginal à 16,5 %. Le communiqué attendu jeudi montrera quelle mesure de l’inflation le Comité retient pour fixer le prix du crédit en francs.









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.