L’inflation congolaise s’est établie à 3,34 % en glissement annuel au 19 septembre 2026, contre environ 7,8 % un an auparavant. Le franc congolais reste relativement stable, avec un dollar coté à 2 266,65 CDF au taux indicatif le 18 septembre. Pourtant, les données officielles révèlent une autre réalité pour les ménages. Depuis janvier, les prix ont augmenté de 7,09 %, ce qui explique en partie pourquoi le ralentissement de l’inflation ne se traduit pas nécessairement par une diminution des dépenses quotidiennes.
La République démocratique du Congo termine le mois de septembre avec des indicateurs monétaires relativement stables. Lors du Conseil des ministres du 25 septembre 2026, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a présenté une situation caractérisée par le ralentissement de l’inflation et de faibles variations du franc sur les marchés des changes.
Au cours de la troisième semaine de septembre, l’inflation hebdomadaire est descendue à 0,11 %, contre 0,14 % la semaine précédente. En glissement annuel, elle s’établit à 3,3 %, nettement en dessous de l’objectif de moyen terme de 7 % retenu par la BCC.
Ce ralentissement prolonge une tendance déjà observée au début du mois. Le 9 septembre, Lepoint.cd avait relevé une inflation annuelle de 3,385 %, accompagnée d’une stabilité du dollar autour de 2 266 CDF. Les dernières données confirment la modération du rythme de progression des prix, sans indiquer pour autant une baisse générale de leur niveau.
Pourquoi les ménages peuvent encore ressentir une hausse du coût de la vie
La distinction entre inflation annuelle et hausse cumulée des prix est essentielle pour comprendre la situation actuelle. D’après les statistiques publiées par le ministère de l’Économie nationale et la BCC, l’inflation atteignait précisément 3,342 % en glissement annuel au 19 septembre, tandis que sa progression cumulée depuis le début de 2026 ressortait à 7,092 %.
Ces deux indicateurs mesurent des périodes différentes. Le premier compare le niveau général des prix à celui observé douze mois auparavant. Le second mesure leur évolution depuis le début de l’année. L’écart s’explique notamment par les importantes corrections de prix enregistrées durant les derniers mois de 2025.
Concrètement, un panier de biens représentatif de l’indice national qui coûtait 100 000 CDF au début de janvier coûterait théoriquement 107 092 CDF à la troisième semaine de septembre. Il s’agit d’une illustration de l’évolution moyenne de l’indice, et non d’un relevé de prix effectué sur un marché particulier.
La désinflation constitue donc un ralentissement de la hausse des prix, pas une diminution automatique des prix déjà pratiqués. Pour un salarié dont la rémunération n’a pas évolué, une progression cumulée de 7,09 % continue d’éroder le pouvoir d’achat. Les effets varient néanmoins selon la composition des dépenses de chaque ménage, notamment leur exposition aux produits alimentaires, au transport et à l’énergie.
Un franc stable, mais un écart de 73 CDF entre les deux marchés
La stabilité du taux de change contribue à limiter une autre source de pression sur les prix. Au 18 septembre, le cours indicatif s’établissait à 2 266,65 CDF pour un dollar, contre 2 266,30 CDF une semaine auparavant. Sur le marché parallèle, le billet vert s’échangeait à 2 339,50 CDF, contre 2 340,10 CDF précédemment.
L’écart entre les deux marchés atteignait ainsi 72,85 CDF par dollar, soit environ 3,2 % du cours indicatif. Il rappelle que les conditions effectives d’accès aux devises peuvent différer des cotations officielles, notamment pour les particuliers et les petites entreprises.
La stabilité du franc contribue à rendre plus prévisibles les coûts des importations facturées en dollars. Elle ne suffit cependant pas à neutraliser les variations internationales du prix du pétrole, du fret ou des marchandises. Les marges commerciales et les coûts de distribution interviennent également dans la formation des prix payés par les consommateurs.
Face à ces risques, André Wameso a recommandé de poursuivre la surveillance des prix, de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique et de réduire la vulnérabilité de l’économie congolaise aux chocs sur les matières premières.
La prochaine évolution de l’indice des prix permettra de vérifier si le ralentissement observé en septembre se poursuit. Pour les ménages, son effet dépendra aussi de l’évolution des revenus et des prix des biens qui représentent la plus grande part de leurs dépenses.
M. KOSI









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