L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, a reconnu que la BCC avait « utilisé pas mal la planche à billets » pour financer la guerre de 1998. Les comptes de la BCC au 25 septembre 2026 montrent que ses créances sur l’administration centrale restent à 4 304 milliards de FC, sans nouvelle hausse sur la dernière semaine.
Invité le 6 octobre du Space live de Stanis Bujakera Tshiamala, M. Masangu, à la tête de la BCC de 1997 à 2013, a expliqué que la priorité était d’aider l’État à « résister, et puis gagner la guerre » alors que le budget était maigre. La création monétaire se faisait « sans contrepartie ». Pour la limiter, la BCC a émis des certificats de dépôt indexés sur l’inflation, dont les taux atteignaient parfois 20 à 25 % par mois. Il a aussi décrit une gestion « base caisse », où l’État ne dépense que ce qu’il encaisse, puis l’appui du Fonds monétaire international (FMI) au début des années 2000. Selon lui, la BCC était dépendante du pouvoir politique sous Laurent-Désiré Kabila, à moitié indépendante sous Joseph Kabila et « complètement indépendante » aujourd’hui, parce qu’elle ne finance plus le gouvernement.
Les créances sur l’État ont progressé de 6,9 % depuis décembre
La note de conjoncture de la BCC du 25 septembre permet de vérifier cette dernière affirmation. Les créances de la BCC sur l’administration centrale s’élèvent à 4 304,1 milliards de FC, contre 4 027,6 milliards à fin 2025, soit une hausse de 276,5 milliards, ou 6,9 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. Elles sont restées stables sur la dernière semaine.
La base monétaire a pourtant augmenté de 642,3 milliards de FC cette semaine-là, pour atteindre 13 694,9 milliards. Près de 78 % de cette hausse, soit 499 milliards, vient d’une baisse des engagements de la BCC envers l’État. Les dépôts de l’État à la BCC sont passés de 3 555,3 à 3 056,3 milliards de FC, ce qui correspond à des dépenses puisées dans ses avoirs et non à de nouveaux prêts de la banque centrale. Les avoirs des banques commerciales à la BCC ont progressé de 740,8 milliards.
Le contexte monétaire diffère de celui de 1998. L’inflation annuelle est de 3,44 % au 25 septembre, selon la BCC, contre un chiffre de 611 % que M. Masangu cite pour son arrivée, sans que nous ayons pu le recouper avec une série officielle. Il avance un PIB de 15 milliards USD à l’époque et la BCC projette 122,7 milliards USD pour 2026. L’inflation cumulée depuis janvier atteint toutefois 7,25 %, au-dessus de l’objectif de 7 %, et les réserves de change couvrent 2,98 mois d’importations.
Le déficit de trésorerie cumulé de l’État est de 2 351,7 milliards de FC à fin août, soit 40,6 % du programme, ce qui limite pour l’instant le besoin de financement monétaire. La composition des 4 304 milliards de créances, entre avances et titres, est la pièce qui permettrait de mesurer ce que la BCC continue de porter pour l’État.









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