La Banque centrale du Congo a réduit son taux directeur de 13,5 % à 12,5 % le 17 juillet 2026. Le coût de la facilité de prêt marginal baisse également à 16,5 %, mais la transmission de cet assouplissement aux crédits accordés aux entreprises et aux ménages reste à observer.
Le Comité de politique monétaire a abaissé ses deux principaux taux de refinancement de 100 points de base. Cette décision porte à 250 points de base la réduction cumulée depuis janvier 2026. Le taux directeur était alors fixé à 15 %, avant de descendre à 13,5 % en avril puis à 12,5 % en juillet. Sur la même période, la facilité de prêt marginal est passée de 19 % à 17,5 %, puis à 16,5 %. La Banque centrale poursuit ainsi un assouplissement progressif après plusieurs années de politique restrictive destinée à contenir l’inflation et les tensions sur le franc congolais.
La baisse du taux directeur réduit le coût auquel les banques commerciales peuvent obtenir des liquidités auprès de la BCC. Elle peut, en principe, créer des conditions plus favorables à la diminution des taux débiteurs et à l’augmentation des crédits. Cet effet n’est cependant pas automatique. Les banques intègrent également dans leurs tarifs le risque de non-remboursement, les garanties demandées, leurs charges d’exploitation, la durée des prêts et la forte utilisation du dollar dans l’économie congolaise.
Les réserves obligatoires restent inchangées
Le Comité a maintenu les coefficients de la réserve obligatoire à 10,5 % pour les dépôts à vue en francs congolais et à 0 % pour les dépôts à terme dans la même monnaie. Pour les dépôts en devises, les ratios restent fixés à 11,5 % pour les comptes à vue et à 10,5 % pour les placements à terme. Cette grille oblige les banques à immobiliser une part plus importante des ressources collectées en monnaies étrangères, alors qu’aucune réserve n’est imposée sur les dépôts à terme en francs congolais.
Le maintien de ces coefficients montre que la BCC ne libère pas simultanément tous ses instruments. Elle réduit le coût du refinancement, mais conserve les contraintes imposées sur une partie des dépôts bancaires. Cette combinaison peut permettre de soutenir progressivement le crédit sans injecter une quantité excessive de francs congolais susceptible d’alimenter la demande de devises ou les pressions sur les prix.
La Banque centrale a aussi annoncé une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC. Ces titres servent à retirer temporairement des liquidités détenues par les banques en échange d’une rémunération. L’ajout d’une échéance plus longue élargit les possibilités de placement et permet à l’Institut d’émission de bloquer certains excédents bancaires pendant une période supérieure aux maturités de 7, 28, 84 et 168 jours déjà utilisées sur le marché monétaire.
Cette mesure peut sembler opposée à la baisse du taux directeur, mais les deux instruments remplissent des fonctions différentes. La réduction du taux facilite le refinancement lorsque les banques ont besoin de liquidités, tandis que les Bons BCC permettent d’absorber les excédents lorsque ceux-ci deviennent trop importants. La portée de la nouvelle échéance dépendra des montants proposés, des taux servis et de l’intérêt des établissements bancaires.
La baisse des taux ne garantit pas encore plus de crédits
La BCC justifie sa décision par des perspectives économiques qu’elle juge favorables. Le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3 % en 2026, après 3,5 % en 2025, tandis que l’inflation mondiale atteindrait 4,7 %. Cette dernière prévision montre que la désinflation internationale a ralenti, notamment sous l’effet des tensions énergétiques et alimentaires.
Pour la RDC, le Comité retient une croissance de 5,7 % en 2026, identique au niveau annoncé pour 2025 et supérieure à la projection de 4,3 % pour l’Afrique subsaharienne. Les données publiées récemment par la BCC ne présentent toutefois pas toutes la même estimation. Sa note de conjoncture du 3 juillet évoquait une croissance de 6,2 % en 2026, contre 5,7 % en 2025, tandis que les discussions menées avec le FMI avaient retenu une projection de 5,6 %. Cette différence devra être expliquée dans les prochaines publications afin de préciser la prévision désormais utilisée par l’autorité monétaire.
L’effet réel de la décision du 17 juillet devra être mesuré à travers l’évolution des taux pratiqués par les banques, du volume de crédits accordés au secteur privé et de la part des prêts libellés en francs congolais. Une baisse du taux directeur ne soutiendra durablement l’économie que si elle réduit effectivement le coût du financement sans provoquer un retour des tensions sur l’inflation et le marché des changes.
— M. MASAMUNA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.