Les réserves internationales de la République démocratique du Congo ont atteint 8,267 milliards USD au 2 juillet 2026, contre 7,865 milliards une semaine plus tôt. Cette progression de 402,99 millions USD, soit 5,12 %, porte la couverture extérieure du pays à environ 3,16 mois d’importations de biens et de services.
Cette remontée intervient après plusieurs variations observées depuis le début de l’année. Les réserves avaient clôturé 2025 à 7,704 milliards USD, avant de connaître des baisses et des reprises liées aux entrées de devises, aux dépenses extérieures de l’État et aux interventions de la Banque centrale du Congo sur le marché des changes. Au 25 juin 2026, elles s’établissaient encore à 7,865 milliards USD.
Le FMI apporte 348,5 millions USD
La BCC attribue cette hausse aux achats de devises réalisés sur le marché interbancaire et aux nouveaux décaissements du Fonds monétaire international. Le 26 juin, le FMI a débloqué 348,5 millions USD après la troisième revue de la Facilité élargie de crédit et la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité.
Sur ce montant, environ 258,2 millions USD proviennent de la Facilité élargie de crédit et 90,3 millions USD de la Facilité pour la résilience et la durabilité. À lui seul, ce financement représente l’équivalent de plus de 86 % de l’augmentation hebdomadaire observée dans les réserves.
Cette comparaison ne permet toutefois pas d’établir exactement le volume acheté par la BCC auprès des banques. La différence entre le décaissement du FMI et la hausse totale ne peut pas être assimilée automatiquement aux achats interbancaires, car d’autres entrées, paiements ou ajustements peuvent avoir modifié le stock pendant la même période.
La Banque centrale n’a pas encore publié de ventilation détaillée indiquant le montant des achats effectués sur le marché, la composition actualisée des réserves ou la part immédiatement disponible. La donnée de 8,267 milliards USD représente un stock brut d’avoirs extérieurs et ne signifie donc pas que l’ensemble de cette somme peut être dépensé sans tenir compte des engagements en devises de la BCC et de l’État.
Une protection renforcée, mais encore limitée
Une couverture de 3,16 mois d’importations donne à la RDC une marge plus confortable pour régler ses achats extérieurs et répondre à certaines tensions sur le marché des changes. Elle permet également à la BCC d’intervenir lorsque la demande de dollars exerce une pression excessive sur le franc congolais.
Ce niveau reste néanmoins proche du seuil de trois mois généralement utilisé comme point minimal d’analyse de la couverture extérieure. Le FMI estime que l’accumulation des réserves doit se poursuivre afin de renforcer la capacité du pays à absorber les chocs liés aux cours des minerais, aux dépenses sécuritaires et aux perturbations internationales.
La stabilité du franc ne dépend pas uniquement du montant des réserves. Elle repose aussi sur la discipline budgétaire, la maîtrise de la liquidité en francs congolais, les recettes d’exportation et la confiance des entreprises et des ménages dans la monnaie nationale.
La hausse enregistrée début juillet renforce donc les moyens d’action de la Banque centrale, sans éliminer les risques. Une baisse des prix du cuivre et du cobalt, une augmentation rapide des importations ou des remboursements extérieurs importants pourraient de nouveau réduire cette marge.
Au 14 juillet, la note hebdomadaire de la BCC contenant le niveau des réserves au 9 ou au 10 juillet n’était pas encore disponible dans les publications officielles consultées. Le chiffre de 8,267 milliards USD reste ainsi la donnée officielle la plus récente publiée par l’institut d’émission.
— M. KOSI









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