La Fabrique Métal Congo, FAMECO, prévoit de porter ses effectifs directs de 700 à 809 salariés, soit 109 emplois supplémentaires. L’entreprise attribue cette progression à l’augmentation de la demande en acier produit localement, favorisée par les restrictions imposées aux importations de barres de fer dans l’ouest de la République démocratique du Congo.
Ces données ont été présentées mardi 14 juillet 2026, lors d’une visite du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, dans les installations de l’entreprise. FAMECO affiche une capacité de production de 70 000 tonnes d’acier par an et affirme avoir récemment ouvert deux nouvelles unités industrielles, l’une dans la périphérie de Kinshasa et l’autre au Kongo Central.
Les volumes réellement produits et vendus en 2026 n’ont toutefois pas été communiqués. La capacité installée représente le niveau maximal que l’entreprise peut théoriquement atteindre, mais elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer son taux réel d’utilisation ni sa part dans la consommation nationale d’acier.
Les restrictions soutiennent la production locale

En janvier 2026, le ministère du Commerce extérieur a prolongé pour douze mois les restrictions temporaires visant plusieurs produits déjà fabriqués en RDC. Dans la partie ouest du pays, cette mesure concerne notamment les barres de fer, certains câbles électriques, les faïences et les carreaux. Le gouvernement présente cette politique comme un moyen de limiter la concurrence des importations, de préserver les emplois et de soutenir les capacités industrielles nationales.
L’arrêté du 15 janvier 2026 portant sur les barres de fer prévoit une restriction temporaire dans l’ouest de la RDC. La Fédération des entreprises du Congo estime que ce type de mesure peut protéger les unités locales lorsqu’il repose sur une capacité de production vérifiée et s’accompagne d’un suivi régulier du marché. Elle recommande toutefois des restrictions ciblées et limitées dans le temps afin d’éviter les pénuries, les hausses de prix ou une baisse de la concurrence.
Le développement de FAMECO soutient également un réseau de collecteurs, revendeurs et acheteurs de ferraille. Selon les chiffres communiqués pendant la visite, cette chaîne représenterait plus de 5 000 emplois indirects dans l’ouest du pays. La ferraille récupérée sert de matière première dans la fabrication locale d’acier.
Julien Paluku a proposé un partenariat entre FAMECO et la ville de Kinshasa pour organiser la collecte des carcasses de véhicules et des déchets métalliques. Une telle collaboration permettrait d’améliorer l’approvisionnement de l’entreprise tout en retirant des rues une partie des épaves et ferrailles abandonnées.
Le gouvernement veut renforcer la préférence locale
Le ministre du Commerce extérieur a également demandé aux entreprises exécutant des marchés publics et aux organisations opérant en RDC de privilégier les produits locaux lorsqu’ils répondent aux normes techniques exigées. Il a indiqué que les importations d’acier devraient être justifiées lorsque les producteurs nationaux ne sont pas en mesure de fournir le produit recherché.
Cette orientation devra être encadrée par des règles transparentes. La protection de FAMECO et des autres producteurs ne doit pas empêcher l’importation de produits indisponibles localement ni conduire à une augmentation injustifiée des prix pour les entreprises de construction et les consommateurs.
La qualité, les délais de livraison, les volumes disponibles et les prix détermineront donc l’efficacité de la politique. Le gouvernement devra aussi vérifier que les entreprises protégées investissent réellement dans leurs équipements, augmentent leur production et créent les emplois annoncés.
Le cas de FAMECO montre qu’une restriction commerciale peut soutenir une industrie locale lorsqu’une capacité de production existe déjà. Son effet réel devra désormais être mesuré à partir des tonnes effectivement produites, des nouveaux emplois formalisés, des prix pratiqués et de la capacité de l’entreprise à approvisionner régulièrement le marché congolais.
— M. KOSI









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