Le gouvernement congolais prévoit de mobiliser 400 millions USD et 300 milliards de francs congolais sur le marché intérieur au troisième trimestre 2026. Ces ressources seront recherchées à travers dix adjudications de Bons du Trésor et d’Obligations du Trésor programmées entre juillet et septembre.
Le calendrier indicatif publié le 9 juillet par le ministère des Finances prévoit six émissions en dollars et quatre en monnaie nationale. Les montants annoncés correspondent aux objectifs globaux du trimestre et non à des ressources déjà acquises. Le niveau réellement mobilisé dépendra des offres présentées par les banques et les autres investisseurs autorisés.
Pour les titres en dollars, le Trésor prévoit des Obligations du Trésor d’une maturité de deux ans et des Bons du Trésor remboursables après douze mois. Les adjudications sont programmées les 14 et 28 juillet, les 11 et 25 août, puis les 8 et 29 septembre. Le calendrier ne précise pas encore le montant recherché lors de chaque opération ni les taux d’intérêt qui seront proposés.
Les émissions en francs congolais porteront exclusivement sur des Bons du Trésor indexés d’une maturité de douze mois. Elles sont prévues le 28 juillet, le 18 août, ainsi que les 1er et 15 septembre. Là encore, les 300 milliards de CDF ne sont pas répartis entre les différentes dates d’adjudication dans le document officiel.
Des besoins revus à la baisse par rapport au deuxième trimestre
Le programme du troisième trimestre est moins élevé que celui annoncé entre avril et juin. Au deuxième trimestre, le gouvernement envisageait de mobiliser 550 millions USD et 500 milliards de CDF. Les objectifs diminuent donc de 150 millions USD pour les titres en devises, soit une baisse de 27,3 %, et de 200 milliards de CDF pour les émissions en monnaie nationale, soit un recul de 40 %.
Cette réduction peut traduire une révision des besoins de trésorerie, un ajustement après les opérations du premier semestre ou une volonté de limiter la pression exercée sur les liquidités du système bancaire. Le calendrier reste toutefois indicatif et peut être modifié en fonction de l’exécution budgétaire et des conditions du marché.
Le changement concerne aussi les maturités. Les émissions en dollars du deuxième trimestre portaient principalement sur des obligations de dix-huit mois. Au troisième trimestre, le Trésor propose des titres allant de douze mois à deux ans, ce qui lui permet d’étaler davantage les remboursements tout en offrant plusieurs horizons de placement aux investisseurs.
Le dollar reste privilégié par les investisseurs
Les précédentes adjudications ont confirmé un intérêt plus soutenu pour les titres libellés en dollars que pour ceux émis en francs congolais. Au premier trimestre, le gouvernement avait mobilisé 364,6 millions USD sur le compartiment en devises, alors que les émissions en monnaie nationale étaient restées limitées à 20 milliards de CDF.
Cette préférence s’explique en partie par la forte dollarisation de l’économie congolaise. Les titres en devises offrent aux investisseurs une protection contre la dépréciation du franc congolais et permettent aux banques de placer leurs liquidités en dollars dans des instruments rémunérés par l’État.
Pour le Trésor, cette solution facilite l’accès à des ressources immédiates, mais elle crée également des remboursements futurs en dollars. Le gouvernement devra donc disposer de recettes suffisantes en devises pour honorer les intérêts et le capital aux échéances prévues.
La multiplication des émissions pose aussi la question du financement du secteur privé. Les titres publics peuvent apparaître plus sûrs et plus simples à gérer que les crédits accordés aux entreprises. Des rendements élevés risquent ainsi d’inciter certaines banques à prêter davantage à l’État qu’aux PME et aux autres opérateurs économiques.
Les résultats de chaque adjudication permettront d’évaluer la capacité du marché intérieur à absorber les 700 millions USD d’équivalent financier recherchés au cours du trimestre, en additionnant les émissions en devises et en monnaie nationale. L’attention portera sur les montants retenus, les taux servis, le nombre de soumissionnaires et le niveau de couverture de chaque opération.
— M. KOSI









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