Le gouvernement congolais veut remettre en activité les structures publiques chargées de produire et de diffuser des semences agricoles améliorées. Le dossier relatif à la relance des Centres d’amélioration, d’adaptation et de production des semences agricoles, CAAPSA, a été adopté lors du Conseil des ministres du vendredi 10 juillet 2026.
Ces centres doivent assurer l’adaptation des variétés aux conditions agricoles locales, la multiplication des semences, leur conservation et leur mise à disposition auprès des producteurs. Le projet prévoit également des infrastructures de stockage, des laboratoires d’analyse et des unités chargées du contrôle des intrants agricoles.
La relance répond à une faiblesse persistante de l’agriculture congolaise. Dans plusieurs provinces, les agriculteurs disposent difficilement de semences certifiées en quantité suffisante et au moment des campagnes culturales. Beaucoup utilisent leurs propres récoltes comme semences, avec des rendements variables et une qualité difficile à contrôler.
Des centres presque entièrement délabrés
Le diagnostic réalisé par le ministère de l’Agriculture montre l’ampleur des travaux nécessaires. En avril 2026, les missions dépêchées dans les provinces avaient inspecté 36 sites CAAPSA et 11 structures rattachées à l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques. Selon le ministère, 97 % des infrastructures des centres semenciers se trouvaient dans un état de délabrement très avancé.
Le problème concerne aussi les compétences disponibles. Les missions ont recensé environ 970 agents administratifs, mais seulement 5 % d’ingénieurs agronomes. La relance annoncée devra donc associer la réhabilitation des bâtiments à la formation du personnel, au recrutement de techniciens et à l’installation d’équipements adaptés.
Les communications officielles évoquent également la remise en état de 26 centres, avec l’objectif de disposer d’au moins une structure opérationnelle dans chaque province. La différence entre les 36 sites diagnostiqués et les 26 centres retenus devra être clarifiée dans le programme définitif.
Le ministère prévoit de concentrer les premières interventions sur des cultures de consommation courante, notamment le maïs, le riz et le haricot. Ces filières occupent une place importante dans l’alimentation des ménages, mais leur production reste insuffisante face à la demande nationale.
Le budget et le calendrier restent inconnus
L’adoption du dossier par le gouvernement ne précise pas encore le montant nécessaire à la réhabilitation des centres, leurs capacités annuelles de production ni le calendrier de distribution des premières semences. La localisation complète des sites retenus n’a pas non plus été rendue publique.
Ces informations permettront de mesurer la portée réelle de la décision. Un centre semencier ne peut fonctionner durablement sans terres de multiplication, laboratoires, entrepôts, équipements d’irrigation, énergie, moyens de transport et personnel qualifié.
Le contrôle de la qualité devra être assuré par le Service national des semences, SENASEM, chargé de vérifier et de certifier les semences produites en RDC. Cette certification doit garantir leur pureté variétale, leur capacité de germination et leur conformité avant leur distribution aux agriculteurs.
La place des entreprises privées, des coopératives et des agriculteurs multiplicateurs reste également à définir. Les centres publics peuvent produire les premières générations de semences et adapter les variétés, mais la couverture d’un territoire aussi vaste nécessitera probablement une collaboration avec des opérateurs privés et des réseaux locaux de distribution.
La relance des CAAPSA peut réduire la dépendance aux achats ponctuels de semences et rapprocher les intrants des producteurs. Son efficacité dépendra toutefois des ressources effectivement débloquées, du contrôle de qualité et de la capacité à livrer les semences avant le début des saisons agricoles.
Pour les agriculteurs, le résultat attendu reste simple. Ils doivent pouvoir acheter, à un prix accessible, des semences adaptées à leur région et disponibles au moment de planter. Sans cette continuité, la réforme risque de restaurer des bâtiments sans reconstruire une véritable filière semencière nationale.
— M. KOSI









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