Buenassa Resources a présenté au ministre du Commerce extérieur les études de cadrage de sa future raffinerie dans le Lualaba. La première phase, évaluée à 700 millions USD, vise une production annuelle de 30 000 tonnes de cuivre et de 5 000 tonnes de cobalt, mais son financement définitif n’est pas encore annoncé.
Une délégation conduite par le directeur général de Buenassa, Eddy Kioni, a rencontré vendredi 17 juillet 2026 le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, pour examiner l’avancement du projet. L’entreprise affirme avoir présenté les résultats de ses études de cadrage et discuté des conditions nécessaires à l’exécution de la première phase. Cette étape permet de préciser les capacités envisagées et les premières estimations de coûts, mais elle ne correspond ni à une étude de faisabilité définitive, ni à une décision finale d’investissement, ni au lancement de la construction.
La future unité hydrométallurgique doit produire des cathodes de cuivre conformes aux standards du London Metal Exchange ainsi que du cobalt sous forme de métal à haute pureté ou de sulfate. Buenassa destine notamment une partie de ces produits aux chaînes d’approvisionnement de l’aérospatiale, de la défense et des batteries. La capacité annoncée pour la première phase atteint 30 000 tonnes de cuivre et 5 000 tonnes de cobalt par an. Ces volumes restent des objectifs industriels soumis à la finalisation des études techniques, à la mobilisation des capitaux et à la sécurisation de l’approvisionnement en minerais.
Une première phase de 700 millions USD sur un projet de 2 milliards
Le plan actualisé de Buenassa chiffre la première phase à 700 millions USD et la seconde à 1,3 milliard USD, soit un investissement cumulé de 2 milliards USD pour la raffinerie. Selon la feuille de route publiée par l’entreprise en janvier 2026, la deuxième phase porterait la capacité annuelle à 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt. Les chiffres restent indicatifs et peuvent encore évoluer après les études de préfaisabilité et de faisabilité définitive, comme le reconnaît Buenassa dans sa propre documentation.

Le projet a déjà reçu 3,5 millions USD du Fonds de promotion de l’industrie pour financer sa préparation. Cette contribution représente 0,5 % du coût annoncé de la première phase, selon un calcul de Lepoint.cd. Elle a permis de soutenir les études initiales, mais ne constitue pas le financement de la construction de l’usine. L’État congolais a également rejoint Buenassa Resources en 2025 à travers une participation stratégique de 10 %. La société indiquait alors que les études de cadrage étaient achevées et que le projet devait entrer dans la phase des études complètes de faisabilité.
Buenassa avait initialement évoqué une mise en service à la fin de 2027, avant de reporter cet objectif à 2029 dans une communication publiée en juillet 2025. La rencontre du 17 juillet 2026 ne fournit pas de nouveau calendrier. Cette évolution montre que la date de démarrage commercial dépend encore de plusieurs étapes, notamment les études détaillées, les autorisations environnementales et techniques, le choix du constructeur, les contrats d’approvisionnement en minerais et la disponibilité d’une alimentation électrique suffisante.
Le financement américain reste en structuration
Buenassa affirme que la structuration du financement avec des institutions américaines de développement progresse. L’entreprise indique renforcer ses relations avec la Société américaine de financement du développement international, la DFC, ainsi qu’avec d’autres partenaires financiers. Elle n’a cependant communiqué ni lettre d’intérêt, ni montant proposé par une institution américaine, ni contrat de prêt ou prise de participation définitivement signé pour la raffinerie.
Les annonces publiques récentes de la DFC concernant la RDC portent notamment sur une éventuelle participation dans une coentreprise entre la Gécamines et Mercuria ainsi que sur un financement pouvant atteindre 1 milliard USD pour la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania. Aucun engagement spécifique en faveur de la raffinerie de Buenassa n’apparaît dans les communiqués officiels consultés. Cette absence ne signifie pas que les discussions n’existent pas, mais elle impose de présenter les fonds américains comme un financement recherché ou en cours de structuration plutôt que comme des ressources déjà sécurisées.
Le projet pourrait accroître la part de cuivre et de cobalt transformée en RDC au lieu d’être exportée sous forme de concentrés ou de produits intermédiaires. Sa portée économique dépendra toutefois du montant réellement mobilisé, du coût de l’énergie, de la provenance des minerais et des conditions commerciales conclues avec les acheteurs. La prochaine donnée déterminante sera la finalisation des études de faisabilité, accompagnée d’un plan de financement précisant les apports en dette, en fonds propres et les engagements fermes de chaque institution.
— M. MASAMUNA









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