Le ministère des Mines affirme avoir transféré plus de 5 000 exploitants artisanaux du site T17 de Kamoto Copper Company vers la Zone d’exploitation artisanale 786 de Kasulo. Les travaux d’aménagement viennent toutefois de commencer, tandis que leur coût, le calendrier d’installation et les conditions de commercialisation des minerais ne sont pas encore publiés.
Le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, Jean-Paul Kapongo, a lancé le 14 juillet 2026 les travaux de découverture et de viabilisation de la ZEA 786 à Kasulo, dans la province du Lualaba. Il représentait le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, lors d’une cérémonie à laquelle participait notamment la gouverneure Fifi Masuka Saini.
Selon le ministère des Mines, plus de 5 000 exploitants artisanaux installés sans autorisation sur le site T17, situé dans le périmètre minier de Kamoto Copper Company, ont été relocalisés vers cette zone. La communication officielle présente la ZEA 786 comme un espace légal et mieux sécurisé. Le SAEMAPE parle cependant du lancement des travaux de découverture et de viabilisation, sans confirmer que les infrastructures nécessaires sont déjà achevées ni que les 5 000 personnes exercent effectivement sur le nouveau site.
Une zone déjà active avant les travaux de 2026
La ZEA 786 n’est pas une nouvelle zone créée en juillet 2026. Un rapport de terrain publié par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives indiquait déjà qu’en 2022, le site de Kasulo était opérationnel et administré par les coopératives CMDCO, Espoir et COMIKU. Le document estimait alors à 2 012 le nombre d’exploitants artisanaux, avec quatre comptoirs d’achat et deux dépôts.
La qualification de « première ZEA pilote viable » semble donc renvoyer au modèle actuel d’aménagement, d’encadrement et de relocalisation, plutôt qu’à la création de la première zone artisanale du pays. L’écart entre les 2 012 exploitants recensés en 2022 et les plus de 5 000 annoncés en 2026 peut notamment s’expliquer par l’arrivée des creuseurs provenant de T17. Cette évolution devra cependant être confirmée par une liste actualisée des coopératives, des cartes d’exploitants et des effectifs réellement installés.
Le Code minier réserve l’exploitation artisanale aux personnes majeures de nationalité congolaise, détentrices d’une carte valide et regroupées au sein de coopératives agréées. Le SAEMAPE doit assurer leur encadrement, veiller au respect des règles de sécurité et ramener les minerais extraits dans les circuits officiels de production et de commercialisation.
La relocalisation peut réduire les conflits liés à l’occupation du périmètre industriel de KCC et offrir aux creuseurs un accès légal au gisement. Son efficacité dépendra néanmoins de la qualité des travaux, de la stabilité des puits, de la gestion des risques sanitaires et environnementaux ainsi que de la présence d’équipements de protection. Une ZEA juridiquement reconnue ne garantit pas automatiquement des conditions de travail sûres.
Le financement et les règles de vente restent à publier
La cellule de communication du gouvernorat du Lualaba indique que les travaux sont financés par KCC. Aucun montant, cahier des charges, délai de livraison ou mécanisme de contrôle n’a été communiqué. Les autorités n’ont pas non plus précisé la superficie destinée aux nouveaux exploitants, les réserves disponibles, la capacité de production attendue ou les responsabilités financières des coopératives.
Les conditions de vente des minerais constituent une autre donnée déterminante. En 2022, le rapport de l’ITIE indiquait que CDM détenait l’exclusivité d’achat du cobalt produit sur le site de Kasulo. Les informations publiées en juillet 2026 ne permettent pas de savoir si cet accord reste applicable, si plusieurs acheteurs seront autorisés ou comment les prix payés aux creuseurs seront déterminés.
Le ministère annonce également une couverture d’assurance pour les exploitants artisanaux et leurs dépendants. Le nom de l’assureur, les risques couverts, le montant des primes et les conditions d’indemnisation restent à préciser. La réussite de la ZEA 786 devra donc être évaluée à partir de la fin effective des travaux, du nombre vérifié de creuseurs installés, des accidents enregistrés, des volumes tracés, des revenus versés aux producteurs et des recettes publiques générées.
— M. MASAMUNA








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