L’UC-PPP a validé un portefeuille national de projets prioritaires et un avant-projet de révision de la loi sur les partenariats public-privé. L’objectif est de structurer des investissements capables de compléter les ressources publiques mobilisées pour le Plan national stratégique de développement 2024-2028.
La République démocratique du Congo veut donner davantage de poids aux partenariats public-privé dans le financement de ses infrastructures. Au deuxième trimestre 2026, l’Unité de conseil et de coordination du Partenariat public-privé a concentré ses activités sur la révision du cadre légal, la constitution d’un portefeuille national de projets et le renforcement de l’évaluation des établissements publics.
Le chantier répond à l’ampleur des besoins du Plan national stratégique de développement 2024-2028, évalués à près de 100 milliards USD. Les capacités budgétaires de l’État ne permettant pas de couvrir seules cette enveloppe, les autorités cherchent à attirer des capitaux privés vers des projets présentant une structure financière et juridique suffisamment solide.
Un atelier réunissant les administrations, le secteur privé et la société civile a permis de valider techniquement deux instruments. Le premier est un portefeuille national de projets PPP prioritaires, destiné à constituer une réserve d’investissements structurés et susceptibles d’intéresser les financiers. Le second est un avant-projet de loi révisée visant à moderniser les règles, simplifier les procédures et améliorer la sécurité juridique des opérations.
L’enjeu ne se limite pas à publier une liste de projets. Pour attirer un opérateur privé, chaque investissement doit préciser les responsabilités de l’État et du partenaire, les recettes attendues, le partage des risques, les modalités de rémunération et les conditions de restitution de l’infrastructure.
Lobito et les transports parmi les projets ciblés
Le Corridor de Lobito figure parmi les dossiers autour desquels l’UC-PPP entend mobiliser des investissements privés. Son directeur général, François Ngenyi, a présenté le mécanisme comme une réponse à un déficit de financement public estimé à 46,4 %.
L’ambition affichée consiste à dépasser le rôle de simple voie d’évacuation des minerais. Les autorités veulent associer le corridor à la transformation locale, aux activités industrielles et au développement des petites et moyennes entreprises, avec une intégration économique plus étroite entre la RDC, l’Angola et la Zambie. Les infrastructures de transport constituent un autre axe prioritaire. À l’occasion de la DRC Mining Week, l’UC-PPP a défendu l’utilisation des partenariats public-privé pour les routes, les chemins de fer, les ports et les aéroports.
Ces secteurs exigent généralement des investissements élevés et des délais de remboursement longs. Leur attractivité dépendra donc de la qualité des études, de la prévisibilité des revenus et de la capacité de l’État à respecter les engagements pris dans les contrats.
Dans le secteur énergétique, l’UC-PPP a également participé aux discussions sur un projet de construction et de gestion de stocks pétroliers stratégiques dans l’espace Grand Kasaï. Le projet associe le ministère des Hydrocarbures et la société Okapi International, avec pour objectif de sécuriser l’approvisionnement des provinces concernées. À ce stade, le document trimestriel présente les orientations et les travaux de préparation. Le passage à l’investissement dépendra des études techniques, du montage financier, de la sélection des partenaires et de la conclusion des contrats.
Une exécution de 61 % pour les contrats de performance
Parallèlement aux projets d’infrastructures, le ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au développement a évalué les contrats de performance conclus avec les établissements publics placés sous sa tutelle.
Le taux global d’exécution des actions programmées en 2025 s’est établi à 61 %. Cette évaluation doit désormais être complétée par un reporting plus rigoureux et une digitalisation des outils de pilotage. La démarche, lancée en mars 2025 auprès de l’UC-PPP, de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et de l’Institut national de la statistique, a été étendue aux 15 établissements publics relevant du ministère. Les contrats signés pour 2026 doivent permettre d’apprécier les structures à partir de leurs résultats et non du seul volume d’activités déclaré.
Pour les PPP, cette culture de performance devra aussi s’appliquer aux projets eux-mêmes. Le nombre de contrats signés ne suffira pas à mesurer les progrès. Il faudra suivre les investissements effectivement mobilisés, les travaux exécutés, les délais respectés, le coût supporté par l’État et la qualité des services fournis aux usagers.
La prochaine étape sera la publication du portefeuille national validé, avec l’identification des projets, leurs besoins financiers et leur niveau de préparation. Ces données permettront de mesurer si la réforme transforme réellement les besoins de 100 milliards USD du PNSD en investissements susceptibles d’être financés.
— M. KOSI









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