Orion Minerals prépare le redémarrage de la mine sud-africaine de Prieska avec un financement prépayé de 250 millions USD adossé à Glencore. Le projet vise une première production au troisième trimestre 2027 puis, à régime stabilisé, 22 000 tonnes de cuivre et 65 000 tonnes de zinc en concentrés par an. Mais les comptes 2026 montrent encore une dépendance financière importante du développeur minier.
L’Afrique du Sud prépare le retour d’une ancienne mine de cuivre et de zinc dans un marché où les investisseurs cherchent de nouvelles capacités de production. Dans son rapport annuel publié le 17 septembre 2026, Orion Minerals confirme son objectif de faire entrer Prieska, dans le Northern Cape, en production au troisième trimestre 2027. L’entreprise est cotée à Sydney et Johannesburg et se trouve encore dans sa transition d’explorateur-développeur vers producteur.
Le principal appui financier vient de Glencore. Orion a conclu avec une filiale du groupe suisse un accord contraignant de prépaiement et d’enlèvement de concentrés d’un montant de 250 millions USD. La structure prévoit 40 millions USD pour la construction et le démarrage de la première phase, dite Uppers, et 210 millions USD pour le développement de la partie profonde, Deeps. Un tirage anticipé pouvant atteindre 50 millions USD est envisagé pour certains travaux préparatoires, sous réserve des conditions prévues par l’accord. L’autorisation de la South African Reserve Bank a déjà été obtenue. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
La mise à disposition effective des fonds reste donc liée à la satisfaction des conditions préalables. Le rapport fixe la première production au troisième trimestre 2027 et présente Prieska comme la base de la future activité minière d’Orion. Le coût de maintien tout compris, calculé avec les revenus du zinc comme crédit de sous-produit, est estimé à 0,94 USD par livre de cuivre. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep… Mining Weekly avait confirmé en février la signature de la facilité de 250 millions USD et son lien avec la commercialisation future des concentrés de cuivre et de zinc.
31 millions de tonnes de ressources et 22 000 tonnes de cuivre par an
Prieska dispose de 31 millions de tonnes de ressources minérales à 1,2 % de cuivre et 3,6 % de zinc, représentant environ 370 000 tonnes de cuivre et 1,12 million de tonnes de zinc contenus. Les réserves probables atteignent 15,6 millions de tonnes à 1,1 % de cuivre et 3,1 % de zinc. Sur la durée de vie retenue dans l’étude de faisabilité, Orion prévoit environ 213 055 tonnes de cuivre et 610 630 tonnes de zinc contenus dans les concentrés produits. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
À régime stabilisé, l’installation doit traiter 2,4 millions de tonnes de minerai par an pour produire environ 22 000 tonnes de cuivre et 65 000 tonnes de zinc en concentrés annuellement. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep… L’étude de faisabilité attribue au projet une valeur actualisée nette après impôts de 568 millions AUD, un taux de rentabilité interne de 26 %, un délai de récupération de 4,8 ans après le début de la production de concentrés et un besoin maximal de capital de 578 millions AUD. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
Le projet repose sur une ancienne exploitation. Entre le début des années 1970 et 1991, Prieska avait traité environ 46 millions de tonnes de minerai et produit près de 430 000 tonnes de cuivre. L’existence de puits, d’infrastructures électriques et hydrauliques permet à Orion de développer le projet comme une opération brownfield, plutôt que de construire entièrement une nouvelle mine. Le redémarrage reste néanmoins dépendant de la réhabilitation des installations souterraines, de l’assèchement des anciens travaux et du respect du calendrier de construction. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
Le financement de Glencore ne supprime pas le risque de liquidité d’Orion
Le rapport annuel apporte aussi une lecture financière moins visible dans la présentation industrielle. Orion a enregistré une perte nette de 12,69 millions AUD sur l’exercice clos en juin 2026, contre 15,36 millions AUD un an auparavant. L’entreprise a terminé l’exercice avec 14,46 millions AUD de trésorerie, tandis que ses flux de trésorerie opérationnels étaient négatifs de 10,68 millions AUD. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
Les états financiers indiquent ainsi l’existence d’une incertitude significative relative à la continuité d’exploitation. Orion précise que sa trésorerie disponible ne suffira pas à couvrir les activités d’exploration et d’exploitation prévues sur les douze mois suivants et qu’une nouvelle levée de capitaux devra intervenir au quatrième trimestre de son exercice 2027. L’auditeur Forvis Mazars attire également l’attention sur cette incertitude, sans modifier son opinion sur les comptes. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
Cette distinction est importante. Les 250 millions USD de Glencore sont principalement destinés au développement de Prieska et ne constituent pas une réserve de trésorerie libre couvrant l’ensemble des besoins d’Orion. L’entreprise avait déjà mobilisé environ 30 millions AUD de capitaux au cours de l’exercice 2026 pour financer l’avancement de ses différents projets. 20260917-ORN-ASX-JSE-Annual-Rep…
Pour la RDC, l’opération mérite d’être suivie en raison de la place de Glencore dans le Copperbelt. Le groupe exploite déjà KCC et Mutanda Mining dans le Lualaba, deux actifs produisant cuivre et cobalt. En 2026, Glencore a d’ailleurs indiqué privilégier davantage la production de cuivre dans ses opérations congolaises alors que les exportations de cobalt restent encadrées par des quotas.
Prieska ne remet pas en cause l’échelle de la production congolaise, mais le projet illustre la compétition croissante pour mettre en production de nouveaux actifs cuprifères africains. Le prochain test sera financier et opérationnel. Orion doit satisfaire les dernières conditions de tirage du financement Glencore, démarrer les travaux de construction puis tenir son calendrier de première production annoncé pour le troisième trimestre 2027.
M. MASAMUNA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.