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Défis de l’industrie textile en RDC : l’avenir de la SOTEXKI avec 17,5 millions USD d’investissements initiaux

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La République Démocratique du Congo fait face à de nombreux défis dans le secteur textile, autrefois florissant mais aujourd’hui en déclin. Les données disponibles montrent que l’industrie textile en RDC souffre principalement de la concurrence des produits importés à bas prix, du manque d’investissements, des infrastructures précaires, et du manque de soutien des pouvoirs publics. Cependant, des initiatives pour relancer ce secteur, notamment à travers la SOTEXKI, dernière usine textile en activité, offrent une lueur d’espoir.

La quasi-disparition de l’industrie textile en RDC est attribuable à plusieurs facteurs. Les produits textiles importés à bas prix, principalement de Chine et d’Inde, ont envahi le marché congolais, rendant difficile la compétitivité des produits locaux. De plus, les barrières douanières et l’absence de mesures de protection pour l’industrie locale empêchent son développement. L’absence d’investissements privés nécessaires pour réhabiliter les usines vieillissantes freine également la relance du secteur. Les infrastructures de transport en mauvais état augmentent les coûts de production et de distribution. Enfin, l’absence de soutien adéquat des pouvoirs publics limite la capacité de l’industrie textile nationale à se redresser.

sotexki

Aujourd’hui, seule une usine textile subsiste en RDC, la SOTEXKI à Kisangani. Sa fermeture éventuelle représenterait la fin d’une industrie qui, autrefois, était prospère. La SOTEXKI, dernière usine textile encore en activité, lutte pour sa survie malgré un plan de relance adopté par le gouvernement, estimé à 175 millions USD. Cependant, plusieurs défis persistent : la vétusté des équipements de la SOTEXKI nécessite des investissements importants pour leur réhabilitation. Les problèmes liés à l’approvisionnement en matières premières et à l’écoulement de la production sont exacerbés par la précarité des infrastructures routières. Comparativement aux industries textiles asiatiques bénéficiant de subventions, de prêts à taux réduits et de faibles droits d’entrée, la SOTEXKI manque de soutien suffisant des pouvoirs publics.

Pour réduire sa dépendance aux importations, la SOTEXKI a relancé en 2011 la culture du coton dans la région de Mahagi, atteignant une production de 60 tonnes cette année-là. Cependant, ces efforts restent insuffisants face à la concurrence déloyale des importations. Malgré les défis persistants, des perspectives encourageantes existent pour la SOTEXKI grâce à un plan de relance ambitieux du gouvernement. Ce plan, dont la mise en œuvre nécessite un apport initial de 17,5 millions USD, vise à atteindre une production annuelle de 10,8 à 12 millions de mètres. Les principales mesures prévues comprennent la réhabilitation des équipements vieillissants pour moderniser la production, la mise en place d’infrastructures pour faciliter l’approvisionnement en matières premières et l’écoulement de la production, et la limitation de la concurrence des produits textiles importés par des mesures tarifaires et non tarifaires.

Le soutien du gouvernement, notamment à travers des allégements fiscaux et douaniers, est crucial pour amortir les coûts de production élevés de la SOTEXKI. Ce soutien s’inscrit dans le cadre du Plan Directeur d’Industrialisation adopté en 2021, visant à soutenir les industries d’exportation et celles pouvant garantir la substitution des importations.

La relance de l’industrie textile en RDC, symbolisée par les efforts pour sauver la SOTEXKI, reste un défi majeur. Toutefois, avec un soutien gouvernemental effectif et des investissements ciblés, cette industrie pourrait renaître, générer des emplois, augmenter les recettes fiscales et développer les capacités de production nationale grâce à de nouvelles technologies. Le chemin est ardu, mais la revitalisation de ce secteur pourrait jouer un rôle clé dans la diversification économique de la RDC.

La Rédaction

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