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Dollarisation persistante : 89,6 % des dépôts bancaires en RDC restent en devises étrangères à fin mai 2025

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À la fin mai 2025, les dépôts de la clientèle dans les banques de la RDC s’élèvent à 13,705 milliards de dollars, selon les données officielles de la Banque centrale. Une progression mensuelle de 0,9 % reflète un léger regain, porté par les flux des entreprises publiques et des ménages. Dans le détail, 89,6 % de ces dépôts restent libellés en devises étrangères, alors que les dépôts en monnaie nationale enregistrent une hausse plus marquée de 5 % en un mois, contre seulement 0,5 % pour les dépôts en devises. Ce déséquilibre illustre la confiance limitée dans le franc congolais et la forte dollarisation de l’économie, freinant la capacité de la politique monétaire à influencer la circulation monétaire réelle.

Les ménages demeurent la première source de liquidité bancaire avec 36,9 % des dépôts, devant les entreprises privées (30 %). Ce poids est crucial dans un pays où la bancarisation reste marginale : une faible variation de ces dépôts peut signaler un changement de comportement d’épargne ou une anticipation face à l’inflation et aux tensions sur le marché des changes. La dynamique mensuelle masque toutefois une contraction sur la période janvier-mai 2025 : les dépôts bancaires reculent de 6,7 %, inversant la tendance de 2024 où une croissance de 7,5 % avait été enregistrée. Ce repli est attribué au désengagement des entreprises privées et des institutions sans but lucratif, segments habituellement considérés comme plus sensibles à la conjoncture.

Ce recul, dans un environnement dominé par l’incertitude, questionne la solidité de la confiance bancaire et la capacité du système à absorber les chocs, alors que la Banque centrale multiplie les signaux en faveur d’un renforcement du franc congolais. La stabilité des dépôts, en particulier dans la monnaie locale, reste un indicateur clé de la réussite des réformes engagées pour réduire la dépendance au dollar. Sur ce terrain, la RDC avance lentement, et la concentration des dépôts en devises pose toujours la question de la souveraineté monétaire et de la vulnérabilité du secteur face à l’extraversion financière.

— M. KOSI

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