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Le secteur minier congolais renforcé par 266 MWc de capacités solaires grâce à un partenariat public-privé

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East African Power a dévoilé, le 20 juillet 2025, le lancement de deux centrales solaires de 133 MWc chacune dans le Haut-Katanga et le Lualaba, deux territoires phares de l’activité minière congolaise. Ce projet, dimensionné pour produire 494 GWh d’électricité propre par an, cible directement les besoins énergétiques de Kolwezi et Likasi, villes au cœur de la chaîne d’approvisionnement mondiale du cuivre et du cobalt. Ces volumes permettront de couvrir une partie non négligeable de la demande locale, dans une région où le déficit structurel d’énergie pèse lourdement sur la compétitivité industrielle.

La société nationale SNEL s’est positionnée comme unique acheteur de la production pour les vingt prochaines années. Cette contractualisation longue durée garantit la stabilité des flux financiers pour EAP, tout en renforçant la prévisibilité pour la planification du réseau électrique congolais, sujet à des contraintes majeures depuis plusieurs décennies. À la clé : une réduction annuelle de 5 400 tonnes de CO₂, selon les calculs avancés par EAP, un argument technique régulièrement mis en avant dans le contexte des exigences environnementales imposées par les bailleurs de fonds internationaux.

L’apport financier découle du partenariat entre la Banque pour le commerce et le développement (TDB) et l’Agence américaine USAID, via le East Africa Power Program et le Sustainable Capital Africa Facility. L’enveloppe annoncée par l’USAID s’élève à 15,5 millions de dollars répartis sur trois ans, tandis que la TDB a assuré le suivi des études et la mise en conformité avec les standards environnementaux et sociaux de la Banque mondiale. Le montant total de l’investissement reste confidentiel à ce stade, mais la clôture financière est effective depuis 2024, gage de crédibilité auprès des partenaires institutionnels.

Les retombées sociales sont également intégrées à la conception du projet : à Kambove, la réalisation d’écoles, de centres de santé et de marchés est annoncée, tandis qu’à Mutshatsha, une école et un hôpital figurent déjà parmi les acquis. Plus de 800 emplois directs et indirects seront créés durant la construction et l’exploitation, selon les porteurs du dossier. La démarche s’inscrit dans la volonté des investisseurs d’ancrer le projet dans le tissu économique local, critère désormais incontournable pour toute opération d’envergure en Afrique subsaharienne.

EAP a choisi de s’appuyer sur l’expertise du Groupe Ihusi, une société congolaise active depuis 2009, notamment reconnue pour sa filiale Ihusi Gaz Sarl, opérant dans le stockage et la distribution de gaz GPL. Les contours exacts de ce partenariat restent à éclaircir, mais l’alliance s’inscrit dans la tendance croissante des consortiums hybrides associant capitaux internationaux et opérateurs locaux.

Avec cet investissement, East African Power avance résolument vers son objectif de 1 GW d’énergies renouvelables installées en Afrique d’ici 2030. Déjà présente sur une dizaine de sites opérationnels, la société multiplie les projets dans un contexte où la transition énergétique devient un levier de souveraineté et de résilience pour les économies africaines, tout en répondant aux critères stricts des financeurs multilatéraux.

— Peter MOYI

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