En RDC, FirstBank mise sur FirstMonie pour ouvrir un compte en moins de cinq minutes, sans passer en agence

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FirstBank RDC lance FirstMonie, un portefeuille électronique qui permet d’ouvrir un compte « express » en moins de cinq minutes, à distance. La banque met en avant un accès par application (Android et iOS) et, surtout, par code USSD *426#, utilisable sur un téléphone simple, sans connexion Internet.

Derrière cette annonce, l’enjeu dépasse le confort. En République démocratique du Congo, la bataille se joue sur l’accès aux services financiers de base et sur la capacité des banques à toucher des clients qui ne fréquentent pas, ou peu, les agences.

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FirstBank présente FirstMonie comme une solution pensée pour le quotidien. Selon Jérémie Lukusa, Directeur E-Business, l’objectif est de rendre la gestion d’argent plus simple depuis un téléphone, « sans contrainte technique » et avec une sécurité reposant notamment sur un code PIN. Il résume l’ambition en une phrase : « que chacun puisse gérer son argent directement depuis son téléphone ».

Inclusion financière, sécurité et concurrence, pourquoi ce lancement compte aussi sur le terrain de la politique monétaire

Sur le papier, FirstMonie ressemble à d’autres portefeuilles numériques. La différence mise en avant par la banque tient à deux points : l’ouverture de compte à distance en moins de cinq minutes, et le choix d’un canal USSD qui ne dépend pas d’Internet. Dans un pays où le smartphone n’est pas toujours la norme, ce détail change la portée d’un service.

Pour le grand public, l’intérêt est immédiat si l’usage suit. FirstMonie annonce une palette d’opérations centrées sur les besoins récurrents :

  • transferts d’argent vers d’autres portefeuilles FirstMonie, vers des comptes FirstBank ou vers les principaux services de Mobile Money,
  • paiement de factures au quotidien,
  • achat d’unités téléphoniques,
  • dépôts et retraits via un réseau d’agents agréés FirstMonie.

Ce type d’offre s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : la montée en puissance des paiements numériques et des services de portefeuille électronique. À l’échelle macroéconomique, cela compte pour trois raisons.

La première touche à la circulation de la monnaie. Plus les transactions quittent le cash pour passer par des circuits traçables, plus l’écosystème financier gagne en visibilité. Ce n’est pas un détail pour un pays où l’informel pèse lourd. Sans promettre des résultats automatiques, une meilleure traçabilité peut faciliter le suivi des flux, donc la lecture de l’activité économique.

La deuxième concerne l’accès aux services financiers. Olajide Ayeronwi, Directeur Général de FirstBank RDC, présente FirstMonie comme une brique d’« inclusion financière », en ciblant « toutes les populations » et en rapprochant les services financiers de ceux qui en sont éloignés. L’idée est simple : si un utilisateur peut déposer, retirer, transférer et payer avec un téléphone, il a moins besoin d’un guichet. Il peut aussi commencer à bâtir un historique de transactions, utile pour accéder ensuite à d’autres services.

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La troisième raison relève de la concurrence entre banques, opérateurs de Mobile Money et nouveaux acteurs numériques. Le marché congolais a déjà des habitudes de transferts et de paiements sur mobile. La bataille se joue donc sur l’interopérabilité, les frais, la simplicité et la confiance. Sur ce point, FirstBank insiste sur la sécurité et sur l’expérience utilisateur. Jérémie Lukusa parle d’une expérience « plus simple, fluide et adaptée aux usages ». Le Directeur Général va plus loin et situe le lancement dans une stratégie où la transformation digitale devient, selon lui, un levier d’inclusion, d’emploi, de croissance et d’innovation.

Le Président du Conseil d’administration (PCA) annonce aussi que l’application continuera d’évoluer, avec de nouvelles fonctionnalités. Il cite la compatibilité avec d’autres services, dont les transferts vers MPESA, et estime que la solution se positionne comme un acteur important sur le marché.

Dans les faits, la réussite d’un portefeuille électronique ne dépend pas seulement de l’application. Elle dépend du réseau d’agents, de la qualité du service, de la stabilité technique, et de la clarté des coûts pour l’utilisateur. La banque met déjà en avant des relevés disponibles pour la traçabilité, des transactions sécurisées par code PIN, et une utilisation possible sans carte.

Comment s’inscrire et utiliser FirstMonie

La création du portefeuille se fait de deux manières, selon les indications communiquées :

  • télécharger l’application mobile FirstMonie (Android ou iOS),
  • ou s’inscrire via USSD auprès d’un agent bancaire agréé FirstMonie.

Le service est accessible sur smartphone et sur téléphone classique via le code *426#, ce qui permet une utilisation sans connexion Internet.

Ce que FirstBank met en avant sur son identité en RDC

FirstBank DRC SA, filiale de First Bank of Nigeria Limited, rappelle sa vision : devenir la banque de premier choix en RDC. La banque dit vouloir créer des solutions apportant une valeur durable à ses parties prenantes, en s’appuyant sur des équipes qualifiées, des services performants et des technologies innovantes, pour les entreprises comme pour les particuliers.

Dans un paysage financier où les usages mobiles gagnent du terrain, FirstMonie est un test grandeur nature : celui de la capacité d’une banque à transformer un outil numérique en service de masse, compris, accessible et vraiment utilisé au quotidien.

— Peter MOYI

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