Fiscalité en RDC: la collecte des recettes atteint 9 676 milliards de CDF, la DGI vise 40 463 milliards d’ici fin 2024

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La Direction Générale des Impôts (DGI) de la République Démocratique du Congo (RDC) a réussi à mobiliser 1 879,6 milliards de Francs congolais (CDF) en septembre 2024, selon les dernières données publiées par la Banque Centrale du Congo (BCC). Bien que ce montant soit légèrement en dessous des prévisions de 1 897,6 milliards de CDF, il démontre néanmoins une solide performance dans la collecte des recettes fiscales, essentielles au financement des projets de développement du pays.

une collecte fiscale portée par l’impôt sur les bénéfices et profits

Ce résultat a principalement été soutenu par le versement du troisième acompte provisionnel de l’impôt sur les bénéfices et profits, une échéance fiscale importante pour la DGI. Le mois de septembre est, en effet, une période stratégique pour l’administration fiscale, car il marque la clôture des comptes trimestriels et favorise ainsi l’encaissement de montants significatifs provenant des entreprises formelles du pays.

Ce niveau de collecte démontre la capacité de la DGI à maintenir une dynamique positive, malgré les défis structurels du secteur fiscal congolais. Les autorités visent une mobilisation plus efficace des ressources internes afin de réduire la dépendance de l’État aux financements extérieurs. Avec cette approche, la RDC souhaite renforcer son autonomie budgétaire et assurer un soutien financier stable aux secteurs clés, notamment les infrastructures, la santé et l’éducation.

des réformes pour élargir l’assiette fiscale et digitaliser la collecte

Pour atteindre ses objectifs, la DGI a mis en place une série de réformes structurelles visant à élargir l’assiette fiscale et à lutter contre l’évasion fiscale. Ces réformes incluent l’automatisation du système de collecte, l’intégration des technologies numériques et la mise en œuvre de mesures législatives rigoureuses.

En adoptant des dispositifs électroniques tels que la télé-déclaration et la télé-paiement, la DGI a non seulement amélioré la traçabilité des transactions, mais a également permis de simplifier le processus pour les contribuables. Selon les prévisions, cette digitalisation devrait accroître la mobilisation des recettes fiscales de 15 % d’ici la fin de l’année 2024.

Les efforts de réforme ont également permis d’augmenter le nombre de contribuables inscrits au registre fiscal, passant de 450 000 en 2020 à plus de 700 000 en 2024, ce qui représente une hausse de près de 55 %. Cet élargissement de l’assiette fiscale est crucial pour l’atteinte des objectifs budgétaires, car il permet de répartir plus équitablement la charge fiscale et de réduire les pressions sur les grandes entreprises.

une performance fiscale positive malgré des écarts par rapport aux prévisions

Depuis le début de l’année, la DGI a déjà collecté près de 9 676 milliards de CDF, ce qui la place sur une trajectoire favorable pour atteindre l’objectif annuel de 40 463,6 milliards de CDF. Bien que la collecte de septembre n’ait pas atteint les prévisions initiales, elle reste tout de même un indicateur positif de la performance globale de l’administration fiscale. Cette tendance pourrait se confirmer dans les mois à venir, notamment grâce à la finalisation de plusieurs projets miniers et à l’accroissement des exportations de ressources naturelles.

Les industries extractives, en particulier, continuent de jouer un rôle prépondérant dans la génération de revenus fiscaux. Avec la remontée des cours mondiaux des matières premières telles que le cuivre et le cobalt, la DGI espère enregistrer des recettes supplémentaires qui viendront combler les écarts constatés sur d’autres segments fiscaux. Par ailleurs, le secteur minier représente à lui seul environ 30 % des recettes totales de l’État, ce qui en fait un pilier stratégique de la mobilisation des ressources nationales.

perspectives de croissance des recettes publiques

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats obtenus jusqu’à présent et a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer la discipline budgétaire. Il a également souligné la nécessité d’une collaboration étroite entre la DGI, la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) et la Banque Centrale pour améliorer la gestion des finances publiques et maximiser les revenus de l’État.

Avec un objectif de 40 463,6 milliards de CDF pour l’année 2024, la DGI mise sur la poursuite des réformes et l’introduction de nouvelles initiatives, telles que la taxation des services numériques et la fiscalisation des activités informelles, pour diversifier ses sources de revenus. La stabilité des recettes fiscales reste un levier fondamental pour le développement économique de la RDC, et l’optimisation des ressources locales s’inscrit comme une priorité nationale.

En conclusion, malgré quelques écarts mineurs par rapport aux prévisions de septembre, la performance de la DGI traduit une volonté claire de l’État congolais à structurer sa politique fiscale autour d’une gestion plus rigoureuse des ressources et à réduire les dépendances externes. Les réformes en cours, soutenues par une digitalisation accrue et une meilleure mobilisation des acteurs économiques, laissent entrevoir des perspectives positives pour l’économie congolaise.

Signé par Peter MOYI

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