Budget Congolais : un écart de plus de 89 milliards de CDF dans l’exécution du plan de trésorerie

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Banque central

Les recettes fiscales de la République Démocratique du Congo (RDC) ont connu une croissance stable au cours du mois de septembre 2024, bien que plusieurs indicateurs soient restés en deçà des prévisions établies. La Direction Générale des Impôts (DGI), l’une des principales régies fiscales du pays, a enregistré un total de 1 879,6 milliards de Francs congolais (CDF). Ce chiffre se situe légèrement en dessous de l’objectif initial de 1 897,6 milliards de CDF, mettant en lumière des ajustements nécessaires pour optimiser la performance globale du recouvrement des recettes.

Les recettes douanières, gérées par la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), ont également été inférieures aux attentes. Avec une mobilisation de 465,4 milliards de CDF, contre une prévision de 506,3 milliards de CDF, la performance de cette régie reste modérée. Ce déficit est attribué à une efficacité limitée dans les opérations douanières et un manque d’optimisation dans la collecte des taxes sur les produits importés.

La Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales (DGRAD), pour sa part, a collecté 236,7 milliards de CDF, alors que l’administration avait tablé sur une mobilisation de 373,6 milliards de CDF. Cette contre-performance met en évidence des défis structurels et organisationnels auxquels sont confrontées les régies financières de l’État.

Une exécution budgétaire en quête d’optimisation

Malgré des performances en retrait, le bilan de l’exécution du plan de trésorerie de l’État affiche un excédent de 80,8 milliards de CDF, bien que ce montant soit nettement inférieur aux prévisions de 169,8 milliards de CDF. Cette différence souligne les obstacles persistants dans la gestion budgétaire et la nécessité de renforcer la synergie entre les différentes administrations fiscales.

Selon les autorités congolaises, ce résultat est en partie imputable à des dysfonctionnements dans les mécanismes de collecte et de comptabilisation des recettes publiques. Pour y remédier, plusieurs réformes ont été mises en place, visant notamment à moderniser le système fiscal et à encourager une meilleure conformité des contribuables.

Les projections pour les prochains mois restent néanmoins optimistes, avec des perspectives d’amélioration grâce à une campagne de sensibilisation accrue et à l’application plus rigoureuse des politiques fiscales. Les experts estiment qu’une mobilisation plus soutenue pourrait être obtenue en élargissant l’assiette fiscale et en diversifiant les sources de revenus de l’État.

Renforcer la transparence et la responsabilité financière

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le Ministre des Finances a mis en avant la nécessité d’une collaboration étroite entre les régies financières. Il a souligné que l’amélioration de l’efficacité des systèmes de recouvrement des recettes et l’augmentation de la transparence dans la gestion des finances publiques sont des facteurs déterminants pour instaurer la confiance des investisseurs et des partenaires au développement.

À long terme, le gouvernement congolais aspire à consolider les fondements de sa politique économique en mettant l’accent sur la réduction des dépenses non prioritaires, la révision de la politique fiscale et la rationalisation des investissements publics. Ces mesures devraient contribuer à une gestion plus saine et plus transparente des finances publiques, assurant ainsi une croissance économique durable et inclusive pour les prochaines années.

En définitive, bien que les résultats actuels soient mitigés, les réformes engagées et la volonté des autorités à améliorer la gestion budgétaire laissent entrevoir une perspective de stabilisation financière à moyen terme.

M.KOSI

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