Kamoa-Kakula : production de cuivre visée à 600 000 tonnes d’ici 2026 avec une récupération record de 95 %

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Le projet minier de Kamoa-Kakula, opéré par la société sino-canadienne Ivanhoe Mines à proximité de Kolwezi en République démocratique du Congo, se distingue par ses objectifs de production ambitieux et une vision stratégique qui vise à dépasser les obstacles opérationnels. Le 30 octobre 2024, les responsables d’Ivanhoe Mines ont présenté à leurs investisseurs une mise à jour détaillée de leur progression, marquée par des projections de production croissantes, malgré des défis énergétiques.

En 2026, Ivanhoe Mines projette de franchir le seuil des 600 000 tonnes annuelles de cuivre, une augmentation notable rendue possible par le projet « 95« . Ce dernier vise à optimiser le taux de récupération de cuivre extrait des mêmes volumes de minerai, avec une récupération cible de 95 % du concentré. Ce projet d’efficacité, qui devrait entrer en service début 2026, est un levier clé pour renforcer la rentabilité de la production sans hausse des coûts d’exploitation. « Notre objectif est d’atteindre et de dépasser cette barre des 600 000 tonnes, en appui sur des innovations comme le projet 95, » a souligné Mama Cloete, la présidente et directrice des finances de l’entreprise.

renforcer les infrastructures énergétiques pour sécuriser la production

La réussite de Kamoa-Kakula repose également sur une capacité énergétique adaptée, indispensable pour répondre aux besoins croissants des infrastructures minières. Afin de pallier les fluctuations de l’approvisionnement électrique, Ivanhoe Mines a mis en place un plan de renforcement de la production d’énergie de secours sur le site. En septembre, cette capacité a atteint 135 MW, avec une cible fixée à 201 MW d’ici la fin de l’année, permettant ainsi de sécuriser la continuité des opérations.

Par ailleurs, des discussions avec les partenaires régionaux en Afrique australe, notamment via l’interconnexion zambienne, visent à accroître les importations d’électricité de 65 MW à 100 MW, une solution cruciale pour combler les besoins immédiats de la mine. En collaboration avec la Société Nationale d’Électricité (SNEL), un projet est également en cours pour optimiser les réseaux de transport d’énergie, dont les effets sont attendus pour la seconde moitié de 2025.

une stratégie financière stable malgré les fluctuations du marché

Sur le plan financier, Ivanhoe Mines parvient à maintenir une gestion rigoureuse de ses coûts. Bien que le troisième trimestre 2024 ait enregistré une hausse des coûts d’exploitation, le coût par tonne reste sous le seuil prévu, à 3 527,3 $ contre une estimation de 3 748 $ dans les études de faisabilité. Cette discipline financière, couplée à une stratégie de financement basée sur des contrats de vente anticipée, permet à l’entreprise de demeurer résiliente face aux variations des prix du cuivre, qui oscillent autour de 9 645 $ la tonne, contre une prévision de 8 152 $.

Le projet Kamoa-Kakula suscite un intérêt soutenu de la part des parties prenantes, incluant le gouvernement congolais, actionnaire du projet, ainsi que les institutions financières locales et internationales. La croissance de la demande mondiale, notamment celle liée aux projets de transition énergétique en Europe et aux initiatives de relance économique en Chine, reste déterminante pour la durabilité de la demande en cuivre congolais. Les alliances commerciales au sein des BRICS et l’essor des projets de mobilité électrique en Europe, avec un horizon ambitieux fixé pour 2035, continuent d’alimenter un certain optimisme autour des perspectives du secteur.

Ivanhoe Mines reste ainsi positionnée pour saisir ces opportunités, tout en stabilisant sa production et en s’appuyant sur une infrastructure énergétique et financière solide.

Article signé par Peter MOYI

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