Le chemin de fer reliant Kinshasa au port de Matadi, suspendu depuis février 2020, est de nouveau opérationnel. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a assisté, vendredi 5 septembre 2025, à la cérémonie de relance de cette ligne stratégique, en présence du Vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.
Un corridor logistique sous haute surveillance économique

L’Office National des Transports (ONATRA) a piloté la réhabilitation complète du tronçon grâce à la Redevance logistique terrestre (RLT). Cet instrument fiscal, introduit pour renforcer les infrastructures, a permis de mobiliser les fonds nécessaires sans recourir à de nouveaux emprunts extérieurs. La dépense engagée reste confidentielle, mais son impact est mesurable : la ligne, qui s’étend sur plus de 350 kilomètres, relie directement Kinshasa au principal port maritime du pays, par où transitent l’essentiel des importations de produits de base et une part croissante des exportations minières.
Sept nouvelles voitures voyageurs ont été mises en circulation. Elles doivent améliorer le confort et la régularité d’un transport ferroviaire souvent pénalisé par l’âge du matériel. Pour les autorités, l’objectif est double : décongestionner la route nationale n°1, saturée et coûteuse en entretien, et sécuriser les flux de marchandises sensibles, notamment le ciment, les produits alimentaires et certains minerais destinés à l’exportation.
La réouverture de cet axe pourrait réduire les coûts logistiques internes, facteur majeur de l’inflation importée qui pèse sur les ménages congolais. En abaissant les délais et en fiabilisant les livraisons, l’État espère contenir la hausse des prix et soutenir la compétitivité des opérateurs locaux face aux importateurs régionaux.
— Peter MOYI



