La RDC ambitionne de lever 434,7 millions de dollars sur le marché intérieur d’ici septembre 2025

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Le gouvernement congolais prévoit de lever 434,7 millions de dollars sur le marché domestique des titres d’État d’ici fin septembre 2025. Le calendrier publié par le ministère des Finances précise que l’essentiel de cette enveloppe, soit 400 millions de dollars, prendra la forme de titres libellés en devise américaine avec des maturités allant de 6 à 18 mois. Le reste, équivalent à 34,7 millions de dollars (100 milliards de Francs congolais), sera capté sous forme d’instruments en monnaie locale.

Cette orientation confirme le choix des autorités de diversifier la structure de la dette publique, tout en cherchant à limiter l’exposition au risque de change et à maîtriser le coût des nouveaux emprunts. En combinant émissions en dollars et en francs congolais, la stratégie vise à maintenir l’attrait des investisseurs institutionnels tout en consolidant la profondeur du marché intérieur. La Banque Centrale du Congo a d’ailleurs déjà souligné, dans ses derniers relevés, une accélération du recours aux instruments locaux : sur les six premiers mois de 2025, l’État avait déjà levé 1,127 milliard de dollars et 286,7 milliards de francs congolais par ce biais.

Dans le détail, les montants avancés pour le prochain trimestre ne tiennent pas compte des remboursements liés aux échéances arrivant à maturité. Le besoin net de financement public pourrait donc être atténué, une fois ces paiements effectués. Les spécialistes du secteur s’accordent à souligner l’importance de cette précision pour apprécier la trajectoire réelle de la dette. Le pilotage des flux demeure un exercice délicat, alors que la liquidité sur le marché domestique reste contrainte et que les pressions budgétaires persistent.

L’objectif du gouvernement congolais reste double : continuer à financer le fonctionnement de l’État et les projets de développement, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux. L’activation régulière du marché intérieur traduit la volonté de renforcer la souveraineté financière et de soutenir la montée en puissance d’un marché obligataire local encore naissant.

Dans un contexte où la stabilité du franc congolais a été relativement préservée depuis le début de l’année, notamment grâce à une politique monétaire plus restrictive, la réussite de ces émissions sera scrutée de près. La crédibilité de la signature de l’État congolais, le taux de souscription des titres et la gestion de la maturité de la dette seront des indicateurs clés à surveiller pour les prochains mois.

— M. MASAMUNA

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