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La RDC mobilise 121,4 millions de dollars sur le marché financier local avec un taux d’intérêt à 9 %

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Le gouvernement congolais a levé 121,4 millions de dollars en juin 2025 sur le marché financier intérieur, un montant proche des 125 millions annoncés, soit un taux de couverture de 97,4 %. Cette opération porte principalement sur des Obligations du Trésor libellées en dollars américains, d’une durée variant entre un et six mois, assorties d’un taux d’intérêt annuel de 9 %. La Banque centrale du Congo indique que la part en francs congolais indexés s’élève à 66 milliards, tandis que les Bons du Trésor en dollars ont représenté 55,1 millions.

La prochaine émission programmée pour le 8 juillet 2025 prévoit la mise sur le marché de bons à court terme, d’une maturité de trois mois, pour un montant de 40 millions de dollars. Cette stratégie témoigne d’une préférence pour des financements à court terme, qui permettent une gestion plus flexible de la trésorerie mais impliquent un renouvellement fréquent de la dette.

L’encours total des titres de dette publique intérieure atteint désormais 5 421,4 milliards de francs congolais. Ce niveau élevé traduit une dépendance accrue aux ressources du marché local pour financer les besoins budgétaires de l’État. L’impact de ce recours important à l’emprunt interne se mesure notamment au poids des intérêts à un taux relativement élevé, fixé à 9 % par an, ce qui alourdit le service de la dette et réduit les marges de manœuvre fiscales.

Dans un contexte économique marqué par une croissance modérée et des pressions inflationnistes persistantes, le choix d’un endettement en devises étrangères, notamment en dollars, expose également le Trésor à un risque de change. En effet, la fluctuation du franc congolais peut renchérir le coût réel de ces obligations lorsque la monnaie locale se déprécie. Cette vulnérabilité pourrait compliquer la gestion budgétaire, surtout si les recettes publiques ne suivent pas le rythme.

Les données officielles montrent que la dette intérieure a connu une augmentation notable ces dernières années, avec une progression supérieure à 15 % en 2024. Cette situation illustre le défi pour les autorités de concilier la mobilisation de ressources indispensables à la croissance et la préservation de la stabilité macroéconomique.

Enfin, le marché congolais des titres publics reste encore peu liquide, ce qui limite la participation d’investisseurs diversifiés et fait peser un risque sur la stabilité des taux. Le gouvernement devra sans doute renforcer la transparence et améliorer la communication sur sa stratégie d’endettement pour renforcer la confiance des acteurs financiers.

— M. KOSI

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