Le nouveau ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a entamé son mandat par une rencontre stratégique avec Zhao Bin, ambassadeur de Chine en RDC. Objectif affiché : consolider un partenariat qui pèse déjà lourd dans l’économie congolaise.
La Chine demeure le premier investisseur étranger dans le secteur minier congolais, contrôlant une part importante de la production de cuivre et de cobalt, deux minerais essentiels pour les batteries électriques et les technologies de transition énergétique. Selon les dernières données de la Banque mondiale, plus de 68 % du cobalt exporté par la RDC prend la direction de la Chine. Cette dépendance, à la fois économique et technologique, renforce l’importance d’un dialogue structuré entre les deux États.
Vers une coopération à forte valeur ajoutée
Au cœur des échanges : l’augmentation des investissements dans les sites miniers, le développement d’unités de transformation sur le sol congolais pour capter davantage de valeur ajoutée, le transfert de technologies et la montée en compétence de la main-d’œuvre locale.
Louis Watum Kabamba a insisté sur une gouvernance plus transparente et une meilleure redistribution des revenus miniers. Un point crucial dans un contexte où, d’après le ministère des Finances, le secteur a généré 5,8 milliards USD de recettes fiscales en 2024, mais où une grande partie des bénéfices reste captée en amont de la chaîne de valeur, hors du pays.
En acceptant de maintenir un dialogue régulier, Kinshasa et Pékin affichent la volonté d’aligner leurs intérêts : pour la RDC, il s’agit de diversifier les retombées économiques et d’augmenter la part des exportations transformées ; pour la Chine, de sécuriser un approvisionnement stable en matières premières stratégiques dans un contexte de concurrence mondiale accrue.
— Peter MOYI


