À Kinshasa, les plaintes de locataires se multiplient. Le député national Éric Tshikuma alerte et demande la mise en œuvre effective de la Loi n°15/025 du 31 décembre 2015 sur les baux à loyer non professionnels, alors que les abus perdurent malgré un cadre juridique clair.
Ce que prévoit la loi et ce qui manque
L’élu de la Funa vise un objectif simple : rétablir des règles de marché lisibles et faire respecter les droits de chaque partie. Il dénonce les loyers fixés au gré des bailleurs, les hausses sans base objective, les garanties exigées au-delà des plafonds légaux — 3 mois pour les logements, 6 mois pour les locaux socioculturels —, ainsi que les expulsions menées sans respect des délais de préavis. Autre dérive rappelée : des litiges envoyés directement devant les tribunaux alors que la conciliation préalable est obligatoire. L’usage systématique du dollar américain reste fréquent dans les contrats, alors que l’article 21 impose le franc congolais comme monnaie de paiement.
Pour Éric Tshikuma, le blocage central se situe dans l’inexécution de dispositions concrètes prévues par la loi. L’article 14 annonce une mercuriale nationale des loyers ; elle n’est pas disponible, ouvrant la voie à une formation des prix sans repères par zone. L’enregistrement des contrats, prévu pour sécuriser les relations bailleur–preneur, demeure peu appliqué, faute de procédure accessible.
Le député avance un paquet de mesures. D’abord, une campagne nationale de sensibilisation de trois mois pour informer bailleurs et locataires de leurs droits et obligations. Ensuite, l’adoption rapide d’arrêtés ministériels (Habitat, Finances) afin de préciser les mécanismes de préavis, la conciliation, l’encadrement des agences immobilières et la structure des frais administratifs. Il plaide pour une mercuriale officielle publiée régulièrement, avec des fourchettes par quartiers et catégories de biens, afin de limiter les écarts de prix. Il propose la digitalisation de l’enregistrement des baux via une plateforme dédiée, et la mise en place d’un numéro vert pour signaler les abus.
Le député étend le diagnostic au-delà de Kinshasa et appelle à une réponse nationale, adaptée aux réalités des grandes villes. Il se dit prêt à appuyer le suivi parlementaire et à travailler avec l’exécutif pour rendre la loi opérante. Son message tient en une formule : « Ces réalités concernent toutes les grandes villes du pays. Il s’agit de garantir un logement digne aux familles congolaises, de restaurer l’autorité de l’État et de promouvoir la justice sociale. »
— M. KOSI






