Le 8 décembre 2025, l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem) a ouvert une représentation à Shanghai, en Chine. Cette nouvelle antenne doit aider les entreprises congolaises à mieux organiser et sécuriser leurs marchandises entre la RDC et l’Asie, là où passent déjà une grande partie des échanges mondiaux.
Une base à Shanghai pour sécuriser et simplifier le commerce RDC–Asie
La cérémonie d’ouverture s’est tenue au cœur de la zone économique de Shanghai, en présence du Directeur général de l’Ogefrem, William Kazumba Mayombo, et de l’ambassadeur de la RDC en Chine, François Balumuene Nkuna. Le dévoilement de la plaque « OGEFREM CHINA » marque l’entrée officielle de cet établissement public congolais dans l’un des centres névralgiques du commerce international.

Shanghai traite près de 50 millions de conteneurs par an. Le choix de cette ville n’est pas symbolique. Il permet à l’Ogefrem d’être au plus près des grandes compagnies maritimes, des transitaires et des logisticiens qui manipulent chaque jour les marchandises destinées à l’Afrique. Pour la RDC, c’est l’occasion de mieux suivre les flux liés aux secteurs minier, agricole, forestier, industriel et énergétique.
Lors de son intervention, Fuan Kong, secrétaire exécutif du quartier d’affaires international de Shanghai, a rappelé que « la RDC est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial de Shanghai, juste après l’Afrique du Sud ». Cette phrase résume l’enjeu : le volume des échanges augmente, les liens se resserrent, et il devient indispensable d’avoir un interlocuteur congolais sur place pour organiser ce trafic.
L’ambassadeur François Balumuene Nkuna a insisté, lui, sur la portée diplomatique de cette installation. Selon lui, l’Ogefrem est le premier établissement public congolais à poser ses bases à Shanghai. Cette présence renforce la diplomatie économique de la RDC et offre un relais direct entre les autorités congolaises, les entreprises locales et les acteurs asiatiques du transport et de la logistique.
William Kazumba Mayombo a tenu à clarifier le rôle de l’Ogefrem devant ses partenaires chinois. L’office ne vient pas concurrencer les opérateurs locaux. Il se positionne comme un facilitateur. Sa mission est de sécuriser le fret, vérifier la conformité des documents, réduire les zones grises dans la chaîne de transport et offrir une assistance de proximité aux opérateurs qui travaillent avec la RDC.
Le fret multimodal consiste à suivre un même chargement lorsqu’il passe d’un bateau à un avion, puis à un camion ou à un train. Pour les exportateurs et importateurs congolais, ce suivi est souvent source de retards, de surcoûts ou de litiges. Avec une équipe sur place à Shanghai, l’Ogefrem veut réduire ces difficultés et offrir aux entreprises congolaises une meilleure visibilité sur leur marchandise, du départ jusqu’à l’arrivée.
La dimension technologique est aussi au cœur de cette démarche. Le DG de l’Ogefrem a pris part à une conférence sur la gestion intelligente de la chaîne logistique en Afrique centrale et orientale, aux côtés de représentants du Togo, de la Zambie et de la Sierra Leone. L’objectif est de s’inspirer des bonnes pratiques, d’accélérer la digitalisation des procédures et de construire des outils qui permettent de suivre les cargaisons en temps réel, de la Chine jusqu’aux ports et frontières de la RDC.
Au-delà de l’aspect institutionnel, la représentation de Shanghai doit fonctionner comme un guichet pour les hommes d’affaires. William Kazumba Mayombo l’a résumé simplement : la nouvelle antenne servira à « identifier et assister les hommes d’affaires chinois souhaitant importer des produits congolais ou exporter vers la RDC ». Concrètement, cela signifie informer, orienter, expliquer les règles congolaises, mais aussi remonter vers Kinshasa les difficultés rencontrées par les opérateurs sur le terrain.
Un autre signal fort a accompagné cette ouverture : l’annonce d’une future ligne aérienne directe entre Shanghai et Kinshasa, opérée par une compagnie privée. Une liaison directe réduit le temps de transport, facilite les déplacements des cadres et des techniciens, et ouvre des possibilités nouvelles pour le fret aérien, particulièrement pour les produits à forte valeur ou sensibles au temps de transit. Là encore, l’Ogefrem aura un rôle à jouer pour encadrer et accompagner ces flux.
Avec cette implantation, l’Ogefrem se présente comme une passerelle entre l’Afrique centrale et l’Asie. Shanghai devient une vitrine pour promouvoir la RDC comme une plateforme logistique en construction, un pays riche en ressources mais aussi un marché qui cherche à mieux organiser ses importations et ses exportations. Pour les opérateurs congolais, l’enjeu est simple : réduire les coûts cachés, sécuriser les cargaisons et gagner en crédibilité dans les échanges avec leurs partenaires asiatiques.
— M. KOSI


