L’espoir renaît sur les marchés des métaux, mais reste fragile. Ce matin, le cours du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) affiche une légère progression à 9.373,5 dollars la tonne, porté par un regain d’optimisme autour des relations commerciales sino-américaines. Ce mouvement, encore timide, traduit une prudente respiration des investisseurs.
Depuis quelques jours, Pékin a décidé d’assouplir ses représailles douanières en exemptant certains produits américains, un geste interprété comme un possible premier pas vers une désescalade durable. Ce geste a immédiatement trouvé un écho positif à Wall Street et sur les places financières mondiales, où l’aversion au risque avait atteint des sommets ces dernières semaines.
De son côté, l’administration américaine semble aussi vouloir infléchir sa stratégie. La semaine passée, des signaux émis par Washington ont montré une volonté d’assouplir les tensions, sans toutefois fixer de calendrier précis. Dans une déclaration reprise par Reuters, un haut responsable a évoqué « la nécessité de rétablir des conditions commerciales équitables », tout en admettant que le chemin restait semé d’embûches.
Sur les marchés des matières premières, cette détente relative profite d’abord au cuivre, métal baromètre de la santé industrielle mondiale. Si la reprise reste modeste, elle intervient après plusieurs semaines d’oscillations erratiques, où la tonne de cuivre avait flirté à plusieurs reprises avec la barre des 9.200 dollars. Selon les données de la Bourse des métaux de Londres, le volume des échanges reste cependant inférieur de 12 % à sa moyenne mensuelle, signe que la prudence continue de dominer les transactions.
Dans le sillage du cuivre, l’aluminium et le zinc enregistrent aussi des hausses limitées. L’aluminium, en particulier, gagne 0,4 % à 2.270 dollars la tonne, porté par des anticipations d’une reprise partielle de la demande en Asie. Les analystes de Goldman Sachs estiment que les récentes mesures d’assouplissement de la politique monétaire chinoise pourraient stimuler la consommation de métaux industriels au second semestre.
Toutefois, malgré ces signaux encourageants, les incertitudes pèsent toujours. Les investisseurs redoutent notamment que les pourparlers entre Pékin et Washington s’enlisent ou connaissent de nouveaux accès de tension imprévus. De plus, les inquiétudes économiques mondiales, notamment la faiblesse prolongée du secteur manufacturier européen, continuent de limiter les perspectives de rebond durable sur les métaux de base.
Dans ce climat d’équilibre instable, les professionnels du secteur recommandent une approche mesurée. « L’évolution actuelle ressemble davantage à une accalmie qu’à une véritable inversion de tendance », souligne une analyse récente publiée par ING.
En coulisses, certains acteurs du marché évoquent une « course contre la montre » pour conclure un accord avant que d’autres facteurs politiques ou économiques ne viennent brouiller les cartes, comme la montée des tensions autour des taux d’intérêt américains ou les incertitudes électorales.
À court terme, la capacité des deux premières économies mondiales à formaliser des concessions concrètes sera déterminante. Sans avancée palpable, l’embellie actuelle pourrait rapidement céder la place à une nouvelle phase de volatilité sur les cours du cuivre, de l’aluminium et du zinc.
— Peter MOYI


