Sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre à trois mois affichait une baisse de 0,3 % ce matin, atteignant 9 366 dollars la tonne. Cette correction s’inscrit dans un contexte de renforcement du dollar, rendant les matières premières libellées en billet vert plus coûteuses pour les détenteurs d’autres devises. Une tendance qui pèse directement sur l’appétit des investisseurs et des industriels.
En parallèle, les incertitudes entourant la demande mondiale continuent d’éroder la confiance. Les discussions commerciales entre la Chine et les États-Unis, bien que marquées par quelques avancées, n’ont pas suffi à renverser le climat d’attentisme. Selon les derniers communiqués officiels, Pékin a consenti à exonérer certains produits américains des droits de douane de 125 %, mais les détails sur les produits éligibles restent à clarifier par les entreprises concernées.
Scott Bessent, secrétaire d’État au Trésor américain, a réaffirmé en début de semaine la volonté des États-Unis de maintenir des taxes élevées pour protéger leurs intérêts stratégiques. Cette position ferme limite l’effet positif des gestes chinois sur les marchés des matières premières, dont le cuivre est un baromètre économique mondial.
Selon Bloomberg, les stocks de cuivre dans les entrepôts enregistrés au LME ont augmenté de 4 % au cours des deux dernières semaines, atteignant près de 145 000 tonnes, signe d’un ralentissement de la consommation industrielle. À cela s’ajoute une baisse du PMI manufacturier chinois à 49,8 en mars, selon le Bureau national des statistiques, confirmant un essoufflement de la deuxième économie mondiale.
L’évolution du cuivre illustre un équilibre précaire : entre tensions commerciales persistantes, résistance du dollar, et signaux économiques mitigés, les investisseurs peinent à trouver un cap clair. Cette incertitude devrait continuer à peser sur les métaux industriels, à moins d’un changement marqué dans les politiques commerciales des grandes puissances.
— Peter MOYI


