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Métaux industriels : le cuivre grimpe à 8 710 dollars après la trêve douanière sino-américaine de 90 jours

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Les cours des métaux industriels progressent ce lundi, stimulés par l’annonce d’un accord temporaire entre les États-Unis et la Chine, deux piliers de la demande mondiale. Cette détente inattendue dans les tensions commerciales se traduit par une réduction immédiate de plus de 100 points de base des droits de douane, ramenant le taux moyen à environ 10 %.

L’annonce a été officialisée par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a précisé que les deux pays ont convenu d’un moratoire de 90 jours sur toute nouvelle mesure restrictive. Une pause jugée salutaire pour des marchés bousculés par l’instabilité des mois précédents, mais qui ne dissipe pas totalement les incertitudes.

Sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre, baromètre de l’industrie mondiale, gagnait 1,4 % à 8 710 dollars la tonne en milieu de séance. L’aluminium et le zinc enregistraient également des hausses respectives de 1,1 % et 0,9 %, portés par un regain d’appétit pour le risque.

Malgré cette embellie, les courtiers demeurent prudents. « Les investisseurs saluent cette désescalade, mais personne n’oublie que le conflit commercial peut redémarrer à tout moment », confie un opérateur basé à Genève. Les précédents accords avortés ont laissé des traces, et la majorité des intervenants temporisent avant de réviser à la hausse leurs prévisions à moyen terme.

Ce retour fragile à l’optimisme s’explique en partie par la position de la Chine, principal consommateur mondial de métaux, dont l’économie a récemment montré des signes de fléchissement. En avril, la croissance de la production industrielle a ralenti à 4,7 %, son plus bas niveau depuis sept mois. Pékin cherche donc à sécuriser ses approvisionnements stratégiques, tout en évitant un ralentissement prolongé de ses exportations vers les États-Unis, deuxième destination de ses biens manufacturés.

Du côté américain, cette suspension partielle des mesures douanières s’inscrit dans un contexte électoral sous tension. L’administration Biden tente de rassurer les milieux d’affaires sans donner l’impression de céder à Pékin. Ce subtil équilibre rend l’accord précaire, d’autant que les pressions internes restent vives au sein du Congrès.

Les analystes s’accordent sur un point : une stabilisation durable des marchés nécessitera plus qu’un armistice de trois mois. Elle passera par des engagements structurels, notamment sur les normes d’importation, la protection de la propriété intellectuelle et l’accès réciproque aux marchés publics. Autant de points sensibles qui, jusqu’ici, ont freiné toute avancée durable.

La prochaine réunion bilatérale prévue à Shanghai début juin sera scrutée de près. Elle pourrait fixer les contours d’un accord plus large ou, au contraire, raviver les tensions si les désaccords persistent. En attendant, les acteurs du secteur des matières premières gardent un œil attentif sur les flux de commandes et les volumes d’échanges, guettant les premiers signes d’un réel redémarrage de la demande.

M. KOSI

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