Le 8 février, en marge du forum Mining Indaba à Cape Town, SEM Julie Shiku a pris la parole au Ministerial Symposium, une séquence qui réunit traditionnellement responsables publics, grands groupes et financiers. La ministre du Portefeuille a centré son message sur un point : sans financements « structurants », les grands projets d’infrastructures et d’énergie restent vulnérables, même lorsqu’ils sont présentés comme stratégiques.
Dans son intervention, elle a mis en avant deux catégories d’acteurs : les institutions financières de développement (DFI) et les fonds souverains. Pour la RDC et la région, ces bailleurs jouent, selon elle, un rôle de pivot, car ils ne se limitent pas à apporter des ressources. Ils peuvent aussi encadrer la préparation des projets, fixer des exigences de gouvernance et contribuer à réduire les risques perçus par les investisseurs privés.
L’enjeu est concret : des projets comme Inga, dans l’énergie, ou le Corridor de Lobito, dans les infrastructures logistiques, supposent des montages financiers lourds et une visibilité de long terme. Dans ce type de dossiers, les DFI et les fonds souverains sont souvent utilisés comme « effet de levier » : leur présence peut rassurer les banques commerciales et les investisseurs, et débloquer des capitaux additionnels.
La ministre a également insisté sur la logique de partenariats public-privé (PPP) « durables ». Dans les faits, ces partenariats visent à répartir les risques entre l’État et des opérateurs privés, tout en sécurisant des revenus futurs (péages, contrats d’achat d’électricité, redevances) qui servent de base au financement. Plus ces règles sont claires et stables, plus la capacité à attirer des capitaux augmente.
Au-delà du discours, le message envoyé à Cape Town est celui d’un secteur minier qui dépend de plus en plus de ses infrastructures : routes, rail, énergie et accès aux ports deviennent des conditions de compétitivité, autant que les gisements eux-mêmes. Et dans cette équation, la crédibilité du financement pèse aussi lourd que la qualité des ressources.
— Peter MOYI

