À Kinshasa, le ministre d’État Guylain Nyembo a reçu une délégation du Programme alimentaire mondial (PAM), conduite par son directeur régional, Éric Perdison. Au cœur de l’entretien; la manière d’aligner davantage les interventions de l’agence onusienne sur la vision du gouvernement congolais, notamment autour du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T).
Le message du ministère du Plan est clair : passer progressivement d’une logique centrée sur l’urgence à une approche qui renforce l’économie locale. Concrètement, l’exécutif demande que les actions du PAM soutiennent plus directement la production, la création d’activités et la stabilisation des revenus dans les territoires. L’idée est de réduire, sur la durée, la dépendance à l’assistance humanitaire, en s’attaquant aux causes économiques de la vulnérabilité.
Dans un pays où l’État mise sur des programmes de développement territorial pour relancer les services de base et l’activité, l’enjeu est aussi budgétaire. Chaque déplacement de l’équilibre entre réponse humanitaire et investissements productifs pèse sur l’efficacité des dépenses publiques et sur la capacité à mobiliser des financements extérieurs. Pour les autorités, le PDL-145T doit servir de cadre afin d’éviter la dispersion des interventions et de mieux coordonner l’action des partenaires.
Cette orientation touche également, en filigrane, aux zones minières. Dans plusieurs provinces, la fragilité sociale se concentre autour des territoires riches en ressources mais pauvres en infrastructures. Une approche plus économique, si elle se traduit par des appuis à l’agriculture, aux routes de desserte, à l’énergie locale ou à l’accès aux marchés, peut améliorer l’environnement des investissements et réduire les tensions qui perturbent souvent les chaînes d’approvisionnement.
Le PAM, de son côté, dit partager cette trajectoire. L’organisation reste attendue sur un point : comment articuler, sur le terrain, l’aide d’urgence et les actions qui stimulent la production, sans créer de rupture pour les ménages déjà en situation de précarité.
— Peter MOYI

