Les recettes publiques de la RDC ont atteint 660,8 milliards CDF au 13 août 2026, contre 1 052,2 milliards CDF de dépenses. L’écart de trésorerie ressort ainsi à 391,4 milliards CDF. Pour l’ensemble du mois, la Banque centrale du Congo anticipe un déficit plus important, autour de 774 milliards CDF, que le Trésor prévoit de couvrir par des emprunts sur le marché intérieur.
Au 13 août, les régies financières avaient mobilisé 660,8 milliards CDF sur une prévision mensuelle de 2 274,5 milliards CDF, soit un taux de réalisation de 29,05 %, selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo reprise par l’ACP. Dans le même temps, les décaissements de l’État avaient déjà atteint 1 052,2 milliards CDF.
La différence entre les deux flux atteint 391,4 milliards CDF, selon un calcul de Lepoint.cd. Ce solde intermédiaire ne signifie toutefois pas que l’État terminera nécessairement le mois avec le même déficit. Les recettes fiscales ne sont pas encaissées de manière uniforme au fil des jours et une partie des paiements peut également être décalée.
C’est donc la projection mensuelle de la BCC qui fournit l’indicateur le plus important. Pour août, l’institut d’émission table sur 2 274,5 milliards CDF de recettes, face à 3 048,6 milliards CDF de dépenses. Le besoin de trésorerie attendu ressort à environ 774 milliards CDF. La BCC précise que sa couverture devrait passer par les produits d’emprunt mobilisés sur le marché domestique.
Le marché intérieur devra absorber une nouvelle pression
Au taux indicatif de 2 265 CDF pour un dollar observé autour du 13 août, les 774 milliards CDF représentent un ordre de grandeur proche de 342 millions USD. Cette conversion ne signifie pas que le gouvernement devra lever exactement 342 millions USD en devises. Elle permet surtout de mesurer la taille du besoin par rapport aux récentes émissions de titres publics.
Le 11 août, le Trésor recherchait 50 millions USD à travers des Obligations du Trésor à deux ans. Il a finalement mobilisé 49,15 millions USD, avec un taux de couverture de 98,3 % et un coupon nominal de 8 %. La demande des investisseurs est donc restée légèrement inférieure au montant proposé, après plusieurs opérations mieux couvertes.
Une nouvelle adjudication de 25 millions USD de Bons du Trésor est programmée le 25 août. Le résultat donnera une indication supplémentaire sur l’appétit des banques et investisseurs pour la dette publique, alors que le gouvernement compte précisément sur ce marché pour couvrir une partie du déficit mensuel.
Le recours aux titres publics permet au Trésor de combler un décalage temporaire entre recettes et dépenses sans solliciter directement un financement monétaire de la BCC. Mais cette solution a un coût. Chaque nouvelle émission ajoute des intérêts et des remboursements futurs, tandis que les banques doivent arbitrer entre titres de l’État, liquidité et crédit au secteur privé.
La question à la fin du mois sera donc double. Il faudra mesurer si les recettes rattrapent leur prévision de 2 274,5 milliards CDF, mais aussi combien le Trésor aura effectivement dû emprunter pour financer l’écart. Si la projection de la BCC se confirme, août constituera un nouveau test pour la capacité du marché intérieur à absorber les besoins croissants de trésorerie de l’État.
M. MASAMUNA









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