Au 7 janvier 2026, le taux de change indicatif publié par la Banque Centrale du Congo (BCC) s’établit à 2 241,0485 CDF pour 1 USD. Après l’appréciation du franc congolais observée au dernier trimestre 2025, ce niveau traduit un léger réajustement en tout début d’année, sans signal de tension brutale sur le marché.
Le dollar s’était maintenu autour de 2 200 à 2 220 CDF fin décembre 2025. Son retour au-dessus de 2 240 CDF ressemble davantage à une correction de début d’exercice. Les paiements liés au budget et les besoins de trésorerie, combinés à la remise en place des liquidités dans les banques, peuvent expliquer ce mouvement modéré. Un point compte aussi : les écarts entre les cours acheteur et vendeur restent contenus, ce qui suggère un marché des changes plus encadré et moins exposé aux emballements.
Les prix, eux, ne montrent pas de dérapage immédiat. Au 3 janvier 2026, l’inflation hebdomadaire ressort à 0,261 %, et le cumul annuel affiche logiquement 0,261 % sur les tout premiers jours de l’année. Le glissement annuel est évalué à 2,327 %. L’inflation annualisée est indiquée à 14,827 %, un chiffre influencé par les variations enregistrées en 2025 et par l’effet de base qui en découle. Concrètement, l’appréciation du franc congolais en fin d’année n’a pas été effacée, à ce stade, par une hausse rapide des prix. Les produits importés restent à surveiller, car leur coût dépend directement du niveau du dollar.
Une stabilité qui se joue aussi dans les banques et les caisses de l’État
Sur le plan monétaire, la BCC ne relâche pas la pression. Le taux directeur reste fixé à 17,5 % et le prêt marginal à 21,5 %. Les opérations d’adjudication à sept jours affichent un taux d’environ 12,3 %. Ce dispositif vise à contrôler la liquidité, c’est-à-dire la quantité de monnaie disponible dans le système bancaire, afin de limiter les tensions sur le change et d’ancrer les anticipations des acteurs économiques.
Les finances publiques apportent un autre signal, au moins sur la trajectoire de 2025. Les graphiques officiels diffusés par la BCC indiquent qu’en novembre 2025, comme depuis le début de l’année, les recettes réalisées sont restées supérieures aux assignations budgétaires. Autrement dit, malgré l’appréciation du franc congolais, l’État a continué à mobiliser des ressources au-delà des prévisions. Plusieurs explications sont avancées dans la lecture des données : amélioration du recouvrement, discipline des régies financières et prise en compte de certaines avances fiscales dans les recettes cumulées. Une nuance demeure : selon qu’on raisonne en trésorerie ou en structure des recettes, l’interprétation peut varier, et ce point alimente encore la discussion.
Au total, les indicateurs du début janvier 2026 dessinent une situation plus stable sur le papier : un taux de change qui s’ajuste sans rupture, une inflation qui reste contenue et une banque centrale qui maintient une ligne prudente. Le défi est désormais de faire vivre cette stabilité dans l’économie réelle, là où se jouent le crédit, l’investissement et le pouvoir d’achat.
— M. KOSI


